La Chine, invité controversé de la Foire de Francfort

Clément Solym - 14.10.2009

Culture, Arts et Lettres - Salons - Chine - invité - controversé


Il y en aurait des caisses d'archives et même par tonnes, si l'on devait relever les faits dénoncés à l'extérieur comme de l'intérieur (quand c'est possible) du pays et qui montrent la Chine comme un pays autocratique, où les droits de l'Homme sont bafoués, et la liberté d'expression réduite à peau (pelée) de chagrin. Et outre cette présence quelque peu dérangeante à la Foire du livre de Francfort, la Chine s'est déjà fait remarquer plusieurs jours avant l'ouverture, en annonçant qu'elle souhaitait garder un oeil sur la liste des convives et autres intervenants...

Et pourtant, la Foire a été inaugurée, et si les organisateurs sont prêts à entendre les critiques et à accueillir un pays en délicatesse avec les droits humains les plus essentiels, les 6900 exposants venus de plus de 100 pays vont également faire avec cet invité étrange. C'est qu'il aura tout de même fallu 15 ans pour que la Chine soit invitée officiellement par la Foire, et même avec toute la prudence du monde, personne ne pourra empêcher les critiques adressées à l'encontre du gouvernement, que les groupes de protestations déclencheront, en particulier concernant le traitement du Tibet.

Et bien qu'Angela Merkel ait assuré qu'elle parlerait de liberté d'expression avec le vice-président chinois Ci Jinping, lors d'entretiens privés, le doute plane tout de même. La chancelière a assuré qu'elle ferait comprendre que « la liberté d'expression n'est pas une menace, mais une opportunité », mais face à elle, quel type de muraille s'élèvera ?

Les écrivains 'dissidents' qui résident en Occident ne se comptent plus, et le PEN international oeuvrant pour la libre expression n'a pas manqué de le signaler. Pour Bei Ling, poète chinois, il est fondamental que le monde entende autre chose que l'organe officiel. « Nous avons une autre voix, celle de la littérature souterraine, de la poésie du métro », explique-t-il.

Juergen Boos, directeur de l'événement espère de son côté « faire tomber les murs » (sic... on aime le sarcasme en Allemagne ?) pour débloquer des conversations et des échanges riches. Avec dans l'idée d'intéresser le public allemand aux auteurs chinois, évidemment. Les officiels ?