La culture est-elle mise en danger ?

Clément Solym - 01.03.2008

Culture, Arts et Lettres - Expositions - culture - manifestation - danger


Les syndicats et les fédérations de professionnels de la culture sont inquiets de la politique culturelle actuelle de la France. Les restrictions budgétaires commencent à peser lourd sur les productions artistiques actuelles et mettent en danger les futures créations.


Le monde de la culture grogne face aux restrictions budgétaires

Au sein de ce texte adressé au président de la République, les rédacteurs demandent un « engagement déterminé » sur « l'affirmation du rôle essentiel de l'art et de la culture dans la politique de l'Etat ». Ils en attendent pour preuve, une « augmentation du budget 2008 pour le spectacle vivant qui permettrait de remettre à niveau toutes les structures et de relancer l'action culturelle ».

Cette lettre ouverte est signée par la Fédération des employeurs du spectacle vivant public et privé (Feps) et l'Union fédérale d'intervention des structures culturelles (Ufisc), qui regroupe essentiellement des structures de musiques actuelles

Cette lettre amène au grand jour un mouvement de protestation qui est depuis déjà plusieurs mois latent dans les milieux culturels français. Hier, s’est donc tenu une mobilisation nationale pour soutenir dans la rue les idées de cette lettre.

Vendredi 29 février : une journée de mobilisation pour la culture

L'appel à cette journée de « mobilisation nationale contre le désengagement de l'Etat dans la Culture » avait été lancé par l'Ufisc mais elle a ensuite été rejointe par d'autres secteurs culturels, comme le théâtre. Plus d'un millier de manifestants (700 selon la police) se sont rassemblés dans l'après-midi place du Palais Royal, avec comme mot d'ordre « artistes, espèce en danger ».

Ils portaient des pancartes où figuraient « Sarkozy, permanent du spectacle », « Albanel, OGM de la Culture » ou « Culture bigarrée et pas culture Bigard ». A Marseille, quelque 400 personnes ont manifesté devant la préfecture de région.

La lettre ouverte souligne que « de nombreuses compagnies théâtrales, chorégraphiques, d'arts du cirque et de la rue (...), beaucoup de lieux et groupes de musiques actuelles, d'orchestres permanents, d'ensembles vocaux et instrumentaux spécialisés subissent des baisses a minima de 4 à 6% ». Ces diminutions mettent en péril la survie de nombre de ces petites structures. A la fin du texte, comme un appel à la révolte, on peut lire : « Faudra-t-il attendre un nouvel incendie des festivals d'été ? »

En marge d'un déplacement à Blois, le Premier ministre François Fillon a déclaré : « Il faut que chacun comprenne que la France ne peut pas vivre à crédit. Il faut que nous résorbions notre déficit, que nous réduisions notre dette et le monde de la culture y participera comme tous les autres postes du budget de l'Etat ». Quant à Christine Albanel, elle a rappelé dans un communiqué que « rien ne permet de parler de désengagement de l'Etat dans le domaine culturel ». La culture du dialogue n'est pas encore à l'ordre du jour... et l'on reste pour l'instant dans un dialogue de sourd.