La Fabbrica del Libro organisera le nouveau salon du livre de Milan en mai 2017

Clément Solym - 05.09.2016

Culture, Arts et Lettres - Salons - Italie salon livre - La Fabbrica del Libro - éditeurs manifestation Milan


Pour œuvrer au développement du livre et de la lecture en Italie, l’Association des éditeurs et Fiera Milano vont proposer une nouvelle manifestation. La Fabbrica del Libro sera la société chargée de la nouvelle foire du livre, qui se montera notamment dans la ville de Milan.

 

Milano

Milan - Marco Poggiaroni, CC BY 2.0

 

 

Fiera Milan et Ediser, société de services de l’Associazione Italiana Editori, ont annoncé ce 5 septembre la création de La Fabbrica del Libro SpA. Cette structure sera chargée de développer les activités de promotion du livre dans le pays. Sa mission passera par l’organisation de foires commerciales et la valorisation de l’ensemble de la production éditoriale.

 

Le mémorandum a été signé par Corrado Peraboni, administrateur délégué du centre d’exposition, et Federico Motta, président de l’AIE. « C’est une nouvelle et importante étape qui est franchie, vers la création d’un rendez-vous qui sera la première édition d’une foire milanaise dédiée au livre », assure l’AIE dans un communiqué. 

 

La société La Fabbrica del Libro SpA est détenue à 51 % par Fiera Milano, et 49 % appartiennent à l’AIE. Son directeur général, Solly Cohen, travaillera avec Renata Gorgani, directrice de la maison d’édition Il Castoro. 

 

Solly Cohen a travaillé pour la division italienne de la société britannique Reed Exhibitions, et fut un acteur de premier ordre dans les négociations autour de la création de la future foire de Milan. Ce qui devient assez paradoxal, c’est que Fiera Milano est en concurrence directe avec Reed Exhibitions sur l’organisation d’événements. Le départ de Solly Cohen remonte maintenant à octobre 2015 – et avait été suivi par d’autres démissions au sein du groupe. 

 

« Aujourd’hui, nous avons posé la première brique non seulement pour Fabbrica del Libro, mais également de notre projet », souligne Federico Motta. « L’AIE, avec ses 147 ans d’histoire et d’expérience, et Fiera Milano seront le premier opérateur dans la création de foires en Italie – et l’un des plus importants dans le monde, mettant en commun leur énergie et leur expérience pour déployer le Plan de promotion du livre de l’AIE. Ce dernier commencera avec un événement à Milan en mai, mais investira progressivement Rome et le sud du pays, avec la mise en réseau des principaux événements de la promotion du livre et de la lecture. »

 

De son côté, Corrado Peraboni assure que le projet d’une foire du livre à Milan prend forme et ajoutera un cachet supplémentaire à la ville, « déjà capitale de l’édition ». Elle deviendra désormais « le centre névralgique de la production culturelle, de la recherche et de l’innovation. Il était juste qu’elle accueille un événement d’ampleur nationale sur le livre. Maintenant que nous avons créé l’entité qui développera matériellement l’idée, nous allons bientôt lui donner un nom. Le rêve devient une réalité. » 

 

Le projet alternatif de Milan est de réaliser durant 5 jours un salon qui sera en mesure d’accueillir entre 70 et 80.000 visiteurs, et surtout structurer des événements dans la ville, pour attirer 100.000 personnes supplémentaires. Un projet qui ressemble au principe du hors les murs qui se déroule dans la ville, au cours de la Design Week... organisée par Fiera Milano

 

Le conflit entre Turin et Milan prend une certaine orientation

 

Rappelons que le rêve s’est tout de même opéré en laissant sur le carreau nombre d’éditeurs indépendants italiens. Lorsque fut présenté le projet d’un salon à Milan, plusieurs éditeurs ont décidé de quitter tout simplement l’AIE. « Nous ne nous reconnaissons plus dans l’orientation de l’Association ni dans sa manière de se définir, bref, nous ne nous y sentons plus représentés et donnons donc, avec effet immédiat, notre démission », expliquaient-ils dans une lettre ouverte.

 

Selon les éditeurs, c’est une guerre entre la ville de Turin, très critiquée, mais qui accueille historiquement depuis plus de 25 ans le Salon du livre national, et Milan, nouvel entrant, qui se joue. 

 

« Le salon du livre international, peut-être peu connu du grand public, est vital pour la santé de l’édition italienne, en particulier les petits éditeurs qui disposent de peu de ressources pour prendre part aux foires commerciales à l’étranger, et donc n’ont que peu de possibilités d’échanger », notait la maison add editore. 

 

Turin était entaché de plusieurs affaires financières, et surtout, marquait une certaine lassitude chez les grands groupes éditoriaux. Au contraire, les petites maisons et les structures indépendantes en valorisaient l'existance, et son indispensable présence dans le paysage éditorial. 

 

En juillet dernier, des arrestations étaient survenues, chez les organisateurs du Salon du livre de Turin. Le président de la région, Sergio Chiamparino, et la maire de la ville, Chiara Appendino, déclaraient tous deux attendre les détails de l’enquête avant de faire le moindre commentaire. Selon eux, cette situation ne faisait toutefois que « renforcer la nécessité d’une refonte complète de la gouvernance du Salon, sans mettre en cause les motifs culturels et historiques qui ont fait le succès public et économique des trente éditions qui ont eu lieu. » 

 

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