La Foire de Francfort revient sur l'invitation du Canada pour 2019

Cécile Mazin - 29.02.2016

Culture, Arts et Lettres - Salons - Canada Francfort - industrie édition - invitation manifestation


Le Canada pourrait devenir l’invité d’honneur de la Foire de Francfort pour l’année 2019. Après le refus de 2017, qui aurait coïncidé avec le 150e anniversaire du Canada, les organisateurs de la Buchmesse se sont rapprochés des autorités pour envisager cette invitation, révèle Radio-Canada

 

Frankfurt Buchmesse 2015
ActuaLitté, CC BY SA 2.0
 

 

Dans une première estimation opérée en 2015, Livres Canada Books avait estimé que l’investissement tournait autour de 5 à 6 millions $ CA, pour être présent en 2017. Un budget important, trop estimait-on, et finalement le pays déclinait l’invitation. « Le gouvernement n’a pas souhaité subventionner, il avait des priorités différentes », indiquait François Charette, président de LCB. 

 

Cette fois, les choses semblent différentes, explique Caroline Fortin, président du Comité Francfort chez LCB. « Nous avons eu une nouvelle rencontre à Francfort en octobre. Ils nous ont dit qu’ils songeaient à nous soumettre l’invitation à nouveau, mais attendaient de voir l’issue de l’élection. »

 

L’investissement resterait à la hauteur des prévisions de 2017, puisque l’on évoque 6,5 millions $ CA de budget. Sauf qu’Ottawa prendrait en charge 4,2 millions $ CA. Les deux millions restant seraient issus de financements privés ainsi que des provinces. 

 

Le Canada doit présenter sa réponse ce jour à Francfort, et le projet est toujours en cours d’analyse au cabinet de Mélanie Joly, ministre du Patrimoine canadien : « J’ose espérer qu’on pourra convaincre le gouvernement de se commettre assez vite, parce que je ne veux pas perdre cette fenêtre d’opportunité. Ce serait triste de voir un pays prendre notre place pour une deuxième fois », indique Mme Fortin. 

 

Et d’ajouter : « Tous les astres sont alignés, nous avons partagé des lettres d’appuis à la ministre, l’ensemble de l’industrie est derrière nous. Je crois que les fonctionnaires sont très positifs à l’égard du projet. Mais en même temps, c’est le financement qui est essentiel. D’autres pays ont de l’intérêt, nous sommes en compétition. »

 

La France, qui avait accepté l’invitation pour 2017, a finalement réussi à trancher les arbitrages économiques : le ministère de la Culture et le ministère des Affaires étrangères participeront à la hauteur de 1,5 million € chacun. Restent alors 1 million d’euros à trouver auprès de financeurs privés.

 

« Une partie de ce budget sera donc des participations privées, que ce soit par du mécénat pur et simple — nous allons constituer un club des mécènes — ou par des partenariats avec un certain nombre d’acteurs qui sont les acteurs de cette scène de l’édition : je pense par exemple aux échanges franco-allemands dans le domaine de la jeunesse avec l’Office franco-allemand pour la jeunesse (OFAJ), dont les éditeurs sont un des partenaires », nous précisait Anne Talineau, directrice générale déléguée de l’Institut français.