La foire du livre de Turin fait encore couler de l'encre

Clément Solym - 13.05.2008

Culture, Arts et Lettres - Salons - foire - livre - Turin


Le moins que l'on puisse dire c'est que la foire du livre de Turin aura suscité beaucoup plus de remous que le Salon du livre de Paris qui n'aura connu finalement que débats et boycott... et une alerte à la bombe aussi.

Israël en invité d'honneur de la foire du livre de Turin à l'occasion de l'anniversaire de la création de cet état, portait la rencontre qui ne devait être que culturelle, un plus sur le terrain de la politique. Et peut-être que Paris n'était que le tour de chauffe. Toujours est-il que la foire aura connu le boycott bien évidemment mais aussi l'émergence d'une foule de manifestations annexes qui pour les plus vindicatives allaient jusqu'à la négation de la légitimité de l'état israélien.

La sécurité autour de la foire a été renforcée. Un collectif qui a organisé « la semaine Free Palestine » pour accueillir les tenants du boycott a estimé que les autorités voulaient « créer une zone rouge autour de la foire (...) et empêcher toute opinion dissidente ». Cependant la manifestation internationaliste, en soutien au peuple palestinien a bien eut lieu et s'est terminée devant le Lingotto où se déroulait la Foire.

Aucune violence physique à déplorer

Heureusement aucun affrontement physique n'a éclaté. Finalement le seul affrontement aura été celui des mots. A ce propos le journal Il manifesto en est un bon exemple. Dans son éditorial du 08 mai Gabriele Polo réaffirmait la position du journal « Ce journal dans lequel les opinions divergent pourtant, s'est prononcé contre le boycottage ». Le directeur Gabriele Polo y annonçait aussi que le journal avait « la prétention de croire que la culture puisse être un lieu de rencontre et de confrontation, même avec ceux qui le nient » et refusait que « prévalent les "pratiques de guerre" ».

Cela dit s'il défendait la légitimité de l'État d'Israël, Gabriele Polo tenait à affirmer que le journal appuyait aussi les critiques envers son gouvernement. Il a même fait paraître le jour suivant cet édito, dans le courrier des lecteurs une lettre ouverte de LAOR Yitzhak plutôt vindicative. L'auteur israélien n'y attaque pas simplement la gauche italienne pro-israélienne mais toute l'Europe dont les habitants « Avant même d’avoir 20 ans [...] sont déjà cruels comme des chasseurs de crânes ». Annonçant que « la Culture a toujours été la culture des Patrons », et à propos de la foire : « En bref, la xénophobie italienne a aussi un visage humain : la Foire du livre de Turin ».

Pour retrouver l'intégralité de la lettre de LAOR Yitzhak traduite en français sur le site Le Grand Soir, il vous suffit de suivre le lien ci-avant.