Rentrée littéraire : La fashion week des libraires

La Fondation Jan Michalski explore l'oeuvre d'Antonio Saura

Antoine Oury - 29.06.2016

Culture, Arts et Lettres - Expositions - Antonio Saura - Antonio Saura peintures - Fondation Jan Michalski


La Fondation Jan Michalski, créée en 2004 à Montricher, au pied du Jura suisse, a pour mission de favoriser la création littéraire et d’encourager la pratique de la lecture à travers diverses actions et activités, dont des expositions pour mettre en valeur le patrimoine littéraire. Depuis le 19 juin et jusqu'au 25 septembre 2016, c'est l'Espagnol Antonio Saura qui est à l'honneur.

 

 

 

Artiste espagnol majeur du XXe contemporain, Antonio Saura (1930-1998) a créé une œuvre peinte, illustrée, gravée, sculptée et écrite aussi prolifique que formellement inventive, aujourd’hui représentée dans les collections d’institutions muséales du monde entier.

 

Adolescent alité par la maladie, Saura découvre le monde d’abord par les livres et les images, et expérimente, en autodidacte, à la fois l’écriture et les arts plastiques. Si l’artiste s’inscrit initialement dans le mouvement surréaliste, il poursuit rapidement sa propre voie picturale, marquée par l’abstraction lyrique et la primauté de la gestualité. Saura est notamment l’un des fondateurs du groupe avant-gardiste El Paso (1957-1960), introducteur en Espagne de l’art informel dans un esprit libertaire en réaction au climat délétère du franquisme.

 

L’exposition Antonio Saura —De l’écriture à la peinture explore les liens multiples de l’artiste avec l’écriture, la littérature et le livre. Très tôt, et sa vie durant, Saura invente des personnages et des mondes imaginaires au fil d’une construction artistique où le portrait joue un rôle prépondérant. L’illustration est l’une des faces majeures de l’œuvre d’Antonio Saura tant par son ampleur que par sa créativité et sa diversité.

 

Son œuvre d’illustrateur commence en 1962 avec une série d’eaux-fortes et d’aquatintes qui accompagnent les Songes de Quevedo. Elle se poursuit avec l’illustration de textes dont Don Quichotte de la Manche de Cervantès, 1984 de Orwell, le Journal de Kafka, ou encore les Aventures de Pinocchio dans la version de Christine Nöstlinger, pour s’achever avec l’illustration de son propre journal Nulla dies sine linea, construit telle une histoire à partir de saisissants commentaires imagés de la presse quotidienne.

 

Puisant dans son immense collection d’images, extraites de revues, de journaux ou de livres d’art, transformées par des superpositions peintes, Saura écrit visuellement des histoires sans texte, ainsi que le reflètent les séries Narrations ou La Quinta del Sordo, créée comme un « roman imaginaire sans début ni fin ».

 

Par son esthétique, le livre est aussi pour Saura un espace de jeu formel et un support matériel à la création : dans la série Autodafé, il investit de visages peints des couvertures arrachées. À travers un choix réalisé par Natalia Granero et Olivier Weber-Caflisch de peintures, d’œuvres sur papier et d’estampes, ainsi que de livres uniques conçus par Saura, l’exposition offre à regarder — et à imaginer avec l’artiste — des fictions visuelles peuplées de figures d’une grande richesse expressive.

 

Raconteraient-elles, en écho au commentaire d’Antonio Saura lui-même, que « tout ce que réalise le peintre est de toute façon un autoportrait » ?


Pour approfondir

Editeur : Galerie Lelong
Genre : peinture
Total pages : 56
Traducteur :
ISBN : 9782868820372

Programio ; 1951

de Antonio Saura (Auteur)

J'achète ce livre grand format à 7.10 €