La France à Francfort, "opportunité exceptionnelle pour la filière du livre"

Cécile Mazin - 24.09.2014

Culture, Arts et Lettres - Salons - Francfort Foire - France invité - livre édition


Durant son déplacement en Allemagne, ainsi que ActuaLitté l'avait relevé, le premier ministre Manuel Valls avait officiellement accepté l'invitation des organisateurs de la Foire du livre de Francfort. La France se voyait l'opportunité d'être invitée d'honneur pour la Buchmesse, plus importante manifestation littéraire d'Europe, et particulièrement axée sur les professionnels.

 

 

Foire du livre de Francfort

 

 

Avec plus de 275.000 visiteurs et 73 000 exposants, la Frankfurt Buchmesse, qui se déroule au mois d'octobre, est devenue un point de convergence pour l'ensemble des acteurs de l'édition, au niveau international. Or, la France ne s'y était rendue, pour la dernière fois, qu'en 1989.

 

Dans un communiqué du Ministère de la Culture, on apprend que le Pavillon d'honneur pour 2017 sera bien occupé par le pays, et que la décision émane d'une volonté gouvernement « de poursuivre et approfondir la coopération franco-allemande en matière de politique culturelle, particulièrement forte dans le domaine du livre ». Et de citer notamment la position des deux États sur le taux réduit de TVA pour le livre numérique, mais également « la défense du droit d'auteur ».

 

Sur ce point, le gouvernement allemand s'était en effet prononcé favorablement pour un taux réduit en octobre 2013. Une déclaration commune était adoptée et signée par les associations professionnelles, la Börsenverein des Deutschen Buchhandels, le Deutscher Kulturrat (Conseil culturel allemand) et le Syndicat national de l'édition ainsi que le Syndicat de la librairie française. Elle avait également scellé cette prise de conscience. 

 

Pour le ministère de la Culture, l'invitation proposée à la France « représente également une opportunité exceptionnelle pour la filière française du livre d'accroître son rayonnement et son positionnement international ». Et l'on parle de l'exportation, donc de la traduction de livres, alors que la francophonie réunit 230 millions de locuteurs, et que la cession de droits aux pays émergents compte parmi les grands enjeux futurs. 

 

Selon la ministre, l'invitation « constitue enfin une occasion singulière de promouvoir l'image de la France en Allemagne et à l'étranger à travers la mise en valeur du dynamisme de l'ensemble de son secteur culturel ». Et à ce titre les services de Fleur Pellerin et de Laurent Fabius « seront mobilisés auprès de l'ensemble des parties prenantes pour faire de cette opération un succès éclatant ».

 

Cette invitation est pourtant loin de faire l'unanimité au sein des acteurs même de l'édition. Reste donc à définir qui paiera l'addition, attendu que l'invitation de la France coûtera, selon les estimations, entre 2 millions € et 9 millions €. Nul doute que le Quai d'Orsay, particulièrement enthousiaste à l'idée de se rendre outre-Rhin saura prendre les responsabilités financières en mesure d'assurer la réussite de ce voyage.