La Joconde : et si le modèle était un jeune homme ?

Clément Solym - 03.02.2011

Culture, Arts et Lettres - Expositions - mona - lisa - vinci


Des chercheurs italiens spécialisés dans la levée des mystères artistiques ont affirmé mercredi qu'un jeune homme avait servi de modèle à Léonard de Vinci pour La Joconde, thèse qui laisse les experts du Louvre sceptiques.

Silvano Vincenti, président du Comité national pour la valorisation des biens historiques, a assuré devant la presse étrangère à Rome qu'un jeune assistant du génie de la Renaissance, du nom de Salai, fut le modèle du célèbre portrait de Mona Lisa. Salai, de son vrai nom Gian Giacomo Caprotti, entré au service de l'artiste à 16 ans et resté 25 ans à ses côtés, aurait été sa muse et son modèle pour plusieurs tableaux. 

Selon Vincenti, les deux hommes entretenaient une relation « ambiguë » et étaient probablement amants. Plusieurs œuvres auraient été inspirées par le jeune homme, parmi lesquelles Saint-Jean Baptiste et L'Ange incarné.

Vincenti a souligné de fortes similitudes entre les traits des visages de ces tableaux et le nez et la bouche de Mona Lisa. Le peintre aurait aussi laissé des indices, en peignant dans les yeux de La Joconde un minuscule L pour Leonardo et un S pour Salai, et en inscrivant le chiffre 72 en fond : « 72, dans la tradition juive, c’est le nom de Dieu. C’est également les 72 prophètes, et les 72 disciples du Christ dans le Nouveau Testament ». (via Euronews et 7/7)

Le chercheur, auteur d'un livre sur le sujet, a déclaré que son équipe s'était fondée sur l'analyse de reproductions numériques de haute qualité. Mais les affirmations de Vincenti sont réfutées par le Louvre, propriétaire de la Joconde. Interrogé par l'AFP, le musée rappelle que « le tableau a été soumis à toutes les analyses de laboratoire possibles en 2004 et en 2009. Aucune inscription (lettre ou chiffre) n'a été décelée lors de ces examens ». 

« Le vieillissement de cette peinture sur bois a provoqué un grand nombre de craquelures dans la matière picturale, qui sont à l'origine de nombreuses formes qui ont souvent été l'objet de surinterprétations », a-t-il souligné. Le musée a en outre indiqué « ne pas avoir eu communication de pièces démontrant ces nouvelles hypothèses ». 

Vincenti, dont l'équipe s'était fait connaître en juillet en identifiant les restes du Caravage, a mis cette réaction sur le compte de l'embarras. « Je comprends leur incrédulité et leur surprise, au fond c'est la peinture la plus étudiée au monde (...) ; ils sont vraiment aveugles », a-t-il dit. Appelant les spécialistes du Louvre à « être sérieux et reconnaître » qu'ils se trompent, il a offert sa collaboration avec l'envoi d'une équipe pour faire « des prélèvements de petits fragments de peinture » là où se trouveraient les chiffres et lettres « pour voir s'ils ont été faits à l'époque ou sont apparus avec le temps ».