La littérature en dentelle à la Galerie Kmar par Ilann Vogt

Laure Besnier - 20.10.2017

Culture, Arts et Lettres - Expositions - Exposition Littérature - Ilann Vogt - Galerie Kmar


La « Littérature en dentelle » se file à la Galerie Kmar, à la Perrière, jusqu’au jeudi 30 Novembre. 24 oeuvres — livres transformés en dentelle pour accomplir des formes — d’Ilann Vogt, poète et plasticien, s’exposent au public. 

 



 

Illan Vogt s’attaque à L’antéchrist de Nietzsche, à Ulysses de James Joyce, ou à Siddhartha de Herman Hesse… Il joue avec Hubert Haddad, Samuel Beckett ou encore Louis-Ferdinand Céline. Il se sert d’un ouvrage, une édition courante que tout le monde peut retrouver, un texte en langue originale. Puis, il en détache les pages, les colle, les découpe au cutter et à la règle, pour avoir ces fils de texte lisibles, que lui rend à l'invisible en les tissant. C’est un processus long et délicat, qui fait d'une œuvre de mots une œuvre plasticienne.

 

Pour ceux qui ont lu ces œuvres, elles sont présentes dans le cerveau, enchevêtrées parmi les synapses et les neurones. On ne peut s’en défaire. Au gré des instants et des sollicitations, des fragments de phrases ressurgissent. Des expressions explosent. Des personnages se promènent. Des paysages s’exposent. Le travail d’Ilann Vogt est la représentation de ce tumulte.
 

Mehryl Levisse s’installe à la bibliothèque
des Arts Décoratifs

 

Exposer le travail d’Ilann Vogt à La Perrière fait sens car ce village est inscrit dans l’histoire comme un des hauts lieux de la dentelle. De Paul Poiret à Chantal Thomass, nombreux sont les gens qui ont vanté la beauté de cette dentelle. Ilann Vogt crée une nouvelle dentelle, dédiée à la beauté de la littérature.

 

Ilann Vogt passe une partie de son enfance dans la bibliothèque de son père écrivain. Il a vécu en France et en Allemagne. Il aime travailler avec les imaginaires, être un passeur d'histoires. A la fois poète et plasticien, il découvre la technique du tissage au lycée, puis des années plus tard, à 24 ans, il commence à tisser des textes.

Le premier fut L'Éternité de Rimbaud, puis Les Illuminations du même auteur, enfin Siddhartha de Herman Hesse. Ainsi, de fils en fils, depuis près de 6 ans, il a réalisé plus d'une centaine de tissage d'oeuvres. En 2015, il obtenu le prix de la vocation de la fondation Marcel Bleustein Blanchet, promotion Mohed Altrad. 

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