La littérature francophone prend rendez-vous à l'UNESCO

Cécile Mazin - 23.10.2015

Culture, Arts et Lettres - Récompenses - littérature francophone - UNESCO lecture - promotion livres


Ce 23 octobre, l’UNESCO accueillera la Journée du Manuscrit Francophone, manifestation littéraire soutenue par l’organisation internationale. Pour sa troisième édition, l’événement lancé par Les Éditions du Net, en collaboration avec ActuaLitté, a réuni la délégation permanente de Côte d’Ivoire auprès de l’UNESCO et du Ministère de la Culture et de la Francophonie. 

 

© UNESCO/Michel Ravassard

 

 

En premier bilan de cette année, on peut d’ores et déjà saluer la participation de plus de 1000 auteurs qui ont choisi de soumettre leur manuscrit, en vue de sa publication. Ils seront près de trois cents, dont le livre a été retenu, à recevoir deux exemplaires de leur ouvrage à l’occasion de cette soirée. 

 

Côté d’Ivoire, Algérie, France, Pérou, Canada, Belgique ou encore Laos, ce sont 35 pays qui sont réunis dans cette fête du livre, avec des auteur.e.s venus des cinq continents pour prendre part à l’événement. « C’est un défilé haut en couleur qui est attendu lors de la soirée avec plus de 100 auteurs présents, symbole d’un engagement humain pour défendre et exporter la culture francophone au-delà des frontières. » (voir le communiqué)

 

En outre, 30 titres ont été présélectionnés pour prendre part à la remise du Prix du manuscrit : l’un d’entre eux deviendra le symbole de cette troisième édition, et bénéficiera d’une promotion spécifique de son livre, et d’un travail encadré par un directeur éditorial.

 

Le jury est composé par Michel Dansel, lauréat du prix Quai des Orfèvres, et Wilfried N’Sonde, écrivain et lauréat du Prix des cinq continents organisé par l’Organisation internationale de La Francophonie. « N’oublions jamais que chaque auteur est souvent porteur d’un talent qui s’ignore et demeure ignoré ! Or, tout le monde, sur l’échiquier de la littérature, doit avoir la chance de faire entendre sa voix, sans distinction d’âge, de nationalité, de strate sociale ou intellectuelle ! », expliquait Michel Dansel dans un courrier aux délégations de l’UNESCO. 

 

Faire reculer les intégrismes

 

La Journée du Manuscrit Francophone a été inspirée par la Fête de la musique. Elle reste une opportunité absolument unique pour tous les auteurs de toucher des millions de personnes et de provoquer ainsi des contacts et des rencontres. Si un best-seller mondial sortira peut-être un jour de cette journée, son intérêt est surtout de fêter les auteurs et de favoriser la création littéraire.

 

« En trois ans, la Journée du Manuscrit a su démocratiser la publication d’un livre dans l’espace francophone créant ainsi une journée internationale pour la création littéraire », assurent les organisateurs. « Les livres sont toujours les premières victimes désignées de toutes dictatures. C’est par eux que l’ignorance se tarit, et que les sources d’incompréhension, de haine et de rejet de l’autre, menant aux plus insupportables méfaits, sont combattues. La #JDMF15 est fière de rejoindre les intérêts que défend l’UNESCO. »

 

Le ministre de la Culture de Côte d’Ivoire, Maurice Bandaman, parrain de l’édition, affirmait à l’occasion d’un passage au Salon du livre de Paris 2015 : « Il ne faut pas oublier que vendre des livres, c’est développer la culture, c’est lutter contre l’obscurantisme, c’est donc faire reculer le djihad. [...]  À présent, charge à nous d’œuvrer, par la mutualisation de nos intelligences, pour que les livres puissent circuler, au sein de l’espace francophone. »

 

Le directeur général adjoint de l’UNESCO, Getachew Engida a salué cette initiative. « Je tiens à vous féliciter pour la tenue de cette célébration à laquelle nous nous associons en l’accueillant. Cette manifestation montre l’engagement de la Côté d’Ivoire pour la démocratisation de l’édition du livre et la promotion des échanges et de la coopération entre les auteurs de la Francophonie », assure-t-il dans un courrier.