La mairie de Bagneux arrête le Festival de l'imaginaire Zone Franche

Nicolas Gary - 22.09.2014

Culture, Arts et Lettres - Salons - Zone Franche - Bagneux Imaginaire - littératures fantasy


Il s'agissait du premier salon du livre entièrement consacré à l'imaginaire, et regroupant tout à la fois jeux, animations, rencontres et conférences avec des universitaires reconnus. Manifestation ouverte aux plus jeunes et aux plus grands, Zone Franche se déroulait à Bagneux, et avait célébré sa 7e édition, en avril dernier, mettant à l'honneur « la féérie médiévale ». Nul chevalier n'a pu empêcher l'arrêt de la joute.

 

 

 

 

Le site internet est désormais une page peu accueillante, et l'information circule à présent sur les réseaux. « C'est un salon du livre, mais à taille humaine », nous précisait Nathalie Weil, des éditions Mnémos. Mais les belles choses ont une fin, même si celle de Zone Franche est assez abrupte. Dans les faits, Marie-Charlotte Delmas, ancienne conservatrice de la médiathèque de Bagneux avait pris la responsabilité de de festival, et en supervisait toute l'organisation, avec l'implication qu'on lui connaît. Un investissement qui ne s'arrêtait pas, alors même qu'elle a pris sa retraite. « Je n'avais pas l'intention de tout abandonner, après avoir porté le festival durant huit années, simplement, j'ai demandé à la mairie que l'on puisse trouver une personne pour m'aider. » 

 

Une aide essentielle, dans la gestion de l'ensemble du festival, tant pour les dossiers administratifs, que les demandes de subventions, l'opérationnel et la logistique. « La ville de Bagneux était d'accord, mais ils n'ont pas réagi très rapidement. » Alors qu'elle recevait les premières demandes d'informations pour 2015, l'organisatrice se retrouve un peu démunie : pas de réponse de la Mairie, et finalement un courrier de Carole Ziem, directrice des affaires culturelles à la ville de Bagneux. « La mairie m'annonçait, dans un courrier officiel, que le festival ne serait pas reconduit pour 2015 », découvre Marie-Charlotte. Plus simple que de chercher une personne en mesure de le prendre en charge : on annule.

 

L'édition 2014 avait pourtant connu une nouvelle réussite. Quelques centaines de visiteurs en moins, peut-être, sur le lieu même de la manifestation, « mais bien plus dans les différentes opérations menées dans d'autres endroits de la ville », certifie Marie-Charlotte. « Le bilan 2014 est très bon, mais cette année d'organisation a été très lourde. » En outre, Zone France n'est pas une manifestation onéreuse – un budget de 20.000 €, principalement alloué aux frais d'invitation des auteurs qui sont mis à l'honneur, ainsi que des animations. « Sauf que, cette année, il a fallu intégrer le budget de communication, qui n'était plus pris en charge par la ville. »

 

Avec le changement de direction de la médiathèque, la nouvelle responsable n'a pas souhaité s'engager dans la poursuite de l'événement. « Cela ne fait pas partie des attributions, et il est compréhensible que, venant d'arriver, elle souhaite se lancer dans les projets qui lui tiennent à cœur. C'était à la mairie de donner un vrai signe de soutien. »

 

Zone Franche s'arrête, Zone Franche continue ?

 

David Camus comptait parmi les invités d'honneur de Zone Franche cette année. Conférencier à l'université de Censier, et auteur, il a participé à la réalisation d'un festival, à Montrouge, tourné autour de films d'animation, Images Imaginaires. Un ensemble de projection qui se sont déroulées en même temps que le festival Zone Franche. Or, la mairie pourrait être intéressée par l'hébergement de la manifestation. « Il y a un terreau favorable, de par les différentes initiatives qui ont été mises en place, et qui sont en projet. » Rien n'est fait, dans tous les cas, et certainement pas avant 2016. 

 

D'autant plus qu'entre Zone Franche et Images Imaginaires, de premiers ponts avaient été jetés, les deux manifestations ayant choisi de communiquer l'une sur l'autre. Sensibilisés à la question, les pouvoirs publics seraient plutôt favorables à cette migration.  

 

Mais plus encore, la Région Île-de-France, qui était venue rendre visite à Zone Franche cette année, a plusieurs fois manifesté son intention de soutenir la manifestation. On évoque la possibilité, sur le même modèle que l'actuel Festival, de trouver les partenaires nécessaires et une ville, ou une agglomération, pour relancer cette manifestation. 

 

Au niveau de la Région, le MOTif confirme avoir été mis en relation à plusieurs reprises dans le cadre de son enquête sur les manifestations littéraires franciliennes. On y passe en revue principalement les questions budgétaires, et la rémunération des auteurs. « Ce que nous pouvons faire, c'est que cette information circule auprès des différentes collectivités. Bien entendu, des choses sont envisagées, et il y a une véritable pertinence dans ce Festival. » Mais pour l'heure, il n'est pas possible d'affirmer quoi que ce soit.

 

« Ce serait une belle chose, parce que l'édition vit un moment difficile actuellement, et que Zone Franche était un endroit où les auteurs faisaient le plus de ventes. Je ne veux surtout pas que l'on essaye de dire que, parce que je pars en retraite, je me désintéresse de ce qui arrivera. C'est tout le contraire », assure Marie-Charlotte Delmas. Elle-même serait tout à fait disposée à travailler et transmettre à une nouvelle équipe ce qu'elle a pu réaliser au cours de ces huit années. « Pour que le Festival revienne, il y a la nécessité qu'il reçoive des engagements politiques forts. » 

 

La direction des affaires culturelles de Bagneux n'était pas disponible pour nous apporter de plus amples commentaires. « Dire que le maire s'appelle Marie-Hélène Amiable... », entend-on chez certains auteurs.