La maison de Dickens va accueillir la tombe de son premier illustrateur

Clément Solym - 29.07.2010

Culture, Arts et Lettres - Salons - dickens - seymour - controverse


La tombe du premier illustrateur de renom associé à Charles Dickens va être déplacée au musée consacré à l’écrivain londonien. Cent ans après sa disparition, la redécouverte de la tombe ravive une polémique jamais éteinte entre les deux hommes. Robert Seymour, illustrateur qui collaborera à M. Pickwick, finira sa vie comme l’un des personnages misérables de l’auteur.

Alors que le dessinateur fait appel à un Charles Dickens encore méconnu, ce dernier se séparera de lui après avoir repris les rênes du projet. Désemparé, Seymour se suicide et échappe de peu à une des lois iniques de l’époque, la « Felo de se » (félon à soi). Un crime contre sa propre personne qui aurait pu lui valoir un enterrement sans sacrements et la saisie de tous ses biens pour la couronne. Ironie du sort, ce n’est que quelque temps plus tard que Dickens connaîtra le succès.

                             Atelier de dessin de Charles Dickens

Depuis cette époque, une partie du milieu des biographes anglais attribuent moralement la mort de Seymour à Dickens. Mais ce retour au musée, dans la dernière résidence conservée de l’auteur pourrait être un trait d’union dans une relation déchirée.

C’est avec patience que Stephen Jarivs, un biographe de Dickens et Seymour a retrouvé la tombe dans une crypte londonienne. La stèle, ne comportant que le nom et les années de naissance et décès de l’artiste, témoigne du dénuement dans lequel s’est retrouvée sa veuve. Suivront cinq années pour que Jarvis obtienne la permission de déplacer la dépouille et sa tombe.

Autre hasard étonnant, l'évènement tombe à moins de deux ans du bicentenaire de la naissance de l’auteur d’Oliver Twist.