La Maison de Verre, bienvenue dans l'univers d'André Breton

Julien Helmlinger - 22.09.2014

Culture, Arts et Lettres - Expositions - André Breton - Musée de Cahors Henri-Martin - Surréalisme


Depuis ce week-end et jusqu'au 29 décembre prochain, au musée de Cahors Henri-Martin se tient une exposition consacrée au surréaliste André Breton, amoureux de la région présenté comme l'un des plus grands visionnaires du XXe siècle. La Maison de verre, invite le grand public à découvrir toute une collection d'objets personnels plus ou moins insolites et notamment d'oeuvres de sa collection, alimentée par des artistes comme Munch, Miro, Picasso, Magritte sans oublier Dali ou encore les arts populaires et primitifs.

 

 

Crédits : Musée Henri Martin 

 

 

Au fil d'une vie de collectionneur, le pape du surréalisme André Breton aura rassemblé des statuettes, des toiles, des objets et autres sculptures. Et grâce aux musées français qui ont joué le jeu, une partie de ses trésors, notamment son bureau, ont été transférés depuis la capitale jusqu'à Cahors. Papou Ouli, statue hermaphrodite d'ancêtres, boîte à tabacs et collection de coléoptères sont au rendez-vous, parmi un autoportrait de Frida Kalho ou encore des toiles de l'Algérienne Baya.

 

La Maison de verre, André Breton, découvreur, initiateur se visite non seulement sur place, mais aussi virtuellement via internet, pour les amateurs incapables de faire le déplacement. Quatre espaces-temps découpent la visite : l'une dédiée aux femmes, qu'elles aient été muses ou inspirées, le mouvement des Citoyens du Monde, le bureau parisien dans l'atelier de la rue Fontaine, et Saint-Cirq-Lapopie.

 

Le conservateur en chef du musée, Laurent Guillaut, et la commissaire d'exposition indépendante Constance Krebs, derrière le site andrebreton.fr, sont à l'origine de cette initiative soutenue par Aube Elléouët, la fille de l'écrivain décédé en 1966. Cette dernière avait légué le bureau et tout ce qui se trouvait dessus à la bibliothèque littéraire de chercheurs Jacques Doucet, partie de l'expo, tout comme son Mur d'objets, de la collection permanente du musée Georges Pompidou, par écran interactif interposé.

 

Comme l'a confié à l'AFP l'héritière et enfant unique de l'écrivain, âgée de 79 ans : « L'exposition est certainement une ouverture plus large sur tous les centres d'intérêt de mon père et qui naviguaient autour de lui. Cela fait revivre la mémoire collective autour de Saint-Cirq Lapopie et Cahors et tout l'intérêt que mon père pouvait porter à ce lieu. [...] Les messages de mon père à travers le surréalisme, c'était d'ouvrir plus grand les portes et les fenêtres vers plus de liberté dans tous les domaines. »

 

Il avait découvert son amour pour la région à bord d'une caravane de Citoyens du Monde. Et finalement André Breton s'installa à l'Auberge des mariniers, qu'il avait justement achetée au peintre Henri-Martin à Saint Cirq-Lapopie, qui allait donner son nom au musée de Cahors, à une petite trentaine de kilomètres plus loin. Un lieu qu'ont eu l'occasion de fréquenter les peintres Max Ernst et Miro, les photographes Man Ray et Henri Cartier-Bresson, mais aussi le poète surréaliste Benjamin Péret..

 

Dans son œuvre autobiographique Nadja, dont les visiteurs pourront découvrir des annotations originales, l'auteur exposait sa philosophie concernant « la Maison de Verre, où l'on peut voir à toute heure qui vient me rendre visite ».