La plus grande feuille de papier "washi" pour un mangaka !

Louis Mallié - 27.05.2014

Culture, Arts et Lettres - Expositions - Papier - Takehiko Inoue - Manga


Takehiko Inoue, mangaka renommé ayant notamment créé Slam Dunk et Buzzer Beater, a participé à la confection de la plus large feuille de papier washi (papier traditionnel japonais) du monde vendredi dernier. À l'aide d'une équipe de vingt artisans, il a composé une feuille longue de 10,7 mètres sur 3,3 de large… Un record !

 

 

 L'ensemble de l'équipe à l'étape finale de confection de la feuille

 

 

L'ouvrage a été réalisé dans la préfecture de Fukui, célèbre pour son art du papier traditionnel. La feuille a été surnommée « Hesei Choujaku Daishi », autrement dit, « l'immense papier de Heisei ». Tekehiko Inoue destine l'ouvrage à une exposition qui aura lieu à la galerie d'exposition du Mori Art Museum de Tokyon le 23 juillet.

 

Si on sait qu'Inoue y présentera une quarantaine d'oeuvres inspirées de la vie et de l'univers de Gaudì, ce dernier ne sait ne sait cependant pas encore avec précision quelle sera leur nature  : « C'est trop gros. Je ne me rends pas encore bien compte. Mais je sais que j'aimerai continuer le dialogue avec le papier tout en restant proche de la vision du monde de Gaudi. »

 

 

Les artisans secouant l'écran. À gauche, Takehiko Inoue 

 

La confection du papier washi (littéralement « papier japonais ») requiert un savoir-faire précis. Il se confectionne à partir de branches de mûrier qui sont tout d'abord dépouillées de leurs ramifications, bouillies et ensuite séchées. Elles sont ensuite à nouveau bouillies avec de la lessive avant d'être lavées  à l'eau de javel afin de purifier la fibre de l'amidon et des tannins. La fibre qui reste est ensuite placée dans une cuve remplie d'eau enrichie en agents épaississants.

 

Le liquide est ensuite vidé sur un long écran (voir les photos), sorte de tamis qui filtre l'eau pour ne laisser plus que la fibre du futur papier ! D'après les médias japonais, l'écran a été secoué une cinquantaine de fois avant que toute l'eau soit évacuée. « Mes bras me font mal », s'est plaint le dessinateur. « C'est plus dur que ce que je pensais. » Ah les souffrances de l'inventeur... David Séchard en disait autant !