La poétesse israélienne Aghi Mishol, lauréate du prix Herbert 2019

Maxim Simonienko - 12.03.2019

Culture, Arts et Lettres - Récompenses - Aghi Mishol - prix herbert 2019 - poétesse juive holocauste


La fondation Zbigniew Herbert a annoncé ce lundi 11 mars, depuis Varsovie, que la poétesse israélienne Aghi Mishol était la lauréate du prix littéraire Herbert 2019. Cette récompense a été créée en hommage au poète et philosophe anticommuniste polonais du même nom.

Aghi Mishol (Iris Nesher - OTRS Archive)
 
 

Un prix pour honorer l'indépendance


« C'est un grand honneur de recevoir le prix et rejoindre le groupe des lauréats. Je suis d'autant plus touchée que Zbigniew Herbert est l'un de mes poètes préférés. Les poèmes de Herbert, traduits merveilleusement par David Weinfeld, sont pour moi une source d'inspiration », a déclaré la poétesse dans un entretien téléphonique avec l'AFP.

Mishol et Herbert se sont rencontrés en 1991, lors de la remise au poète polonais du Prix littéraire décerné par la ville de Jérusalem. La célébrité du poète polonais était à son paroxysme cette année-là puisqu'il était pressenti pour le prix Nobel de littérature. Il est connu pour avoir été une voix puissante du combat de la Pologne pour son indépendance, menacée par ses voisins de l'Est et de l'Ouest.

La remise du prix, accompagné d'un chèque de 50.000 $, aura lieu le 15 mai 2019 à Varsovie.
 

Le don magique de transformer les choses simples en symboles 


Née en 1947 à Cehu Silvaniei, en Transylvanie (Roumanie), Aghi Mishol est issue d'une famille de juifs hongrois ayant survécu à l'Holocauste. Elle a été amenée en Israël à l'âge de 4 ans. Ses parents dirigeaient un atelier de réparation de vélos et de matériel électronique à Gedera, une petite ville au sud du pays. Aujourd'hui, elle a publié une quinzaine de recueils de poèmes en hébreu.

Mercedes Monmany, l'un des membres du jury, a rappelé que la mère de Mishol a été déportée au camp nazi d'Auschwitz-Birkenau et son père dans un camp de travail. Les deux parents y auraient perdus leur première fille. Aghi Mishol leur premier enfant né après la guerre, dans le petit village de Cehu Silvaniei, en Roumanie.

Cela explique la présence de plusieurs sujets importants pour la poétesse, comme la résistance de l'individu face aux horreurs du monde et la défense de la vie.

Amos Oz, un grand écrivain israélien décédé l'année dernière, avait décrit les poèmes de Mishol comme pouvant « raconter une histoire, chanter et aussi danser, tout cela au même moment ».

« Aghi Mishol a le don magique de transformer les choses simples en symboles. Elle parle de choses légères de manière terrifiante », a souligné quant à lui le poète ukrainien Iouri Andrykhovitch, président du jury.

« Bien qu'elle refuse d'être définie comme poétesse engagée en politique, elle s'engage dans ce qui se passe dans son propre pays, évoque le terrorisme, la construction de villages juifs dans les territoires palestiniens. Sa poésie est aussi pleine de motifs bibliques et porte le poids du passé des parents ayant survécu à l'Holocauste », a ajouté le poète polonais Tomasz Rozycki.
 

L'année dernière, le prix a été décerné à la poétesse irlandaise Nuala Ni Dhomhnaill, écrivant en gaélique. En 2017, il est revenu au poète sud-africain et militant anti-apartheid Breyten Breytenbach, écrivant en afrikaans. 


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