La princesse de Clèves : sept heures de théâtre, avec des guitares

Victor De Sepausy - 11.01.2016

Culture, Arts et Lettres - Théatre - Princesse Clèves - Nicolas Sarkozy - théâtre grenoble


La pire ennemie de Nicolas Sarkozy est devenue objet de culte, pour un marathon de lecture. La metteuse en scène Magali Montoya a créé à la Maison de la Culture de Grenoble une adaptation du texte de Madame de Lafayette, La princesse de Clèves. Une adaptation folle, puisque cinq femmes se succèdent dans l’ensemble des rôles que compte le livre. Conclusion : sept heures de spectacle...

 

La princesse de Clèves © Jean-Louis Fernandez

 

 

Arlette Bonnard, Éléonore Briganti, Élodie Chanut, Bénédicte Le Lamer, Magali Montoya sont sur scènes toutes ensemble pour la fabrication de cette pièce insolite. 

 

« On dit de ce chef-d’œuvre du XVIIe qu’il est le premier roman moderne avec sa façon toute neuve de dénuder les sentiments. Cinq comédiennes révèlent cette merveilleuse autopsie de l’amour, jouent les rois et les reines, passent du féminin au masculin dans un battement de cils, font voyager l’écriture du roman vers la théâtralité qui s’y cache. Sur scène une autre femme peint, délivre ses esquisses à mesure que s’exaltent les passions. »

 

 

 

 

La tournée débute à Grenoble, mais se poursuivra à travers la France, avec Strasbourg et Rennes, avant d’attaquer Bourges, Béthune et Bagnolet. 

 

Parvenir à transformer le roman La princesse de Clèves en une pièce de théâtre implique de « [s]e laisser guider par l’entrelacement des histoires auquel se mêle une savante dissection de l’amour et de la passion. Rejoindre le mystère d’une écriture, dont les siècles n’ont pas démenti la force et la beauté. Prendre le temps de vivre cette aventure pour et avec le public, et que la scène soit le foyer de cet incandescent miroir de l’âme aux mille facettes. »

 

 

 

Le livre, publié pour la première fois en 1678, compte quelque 200 pages, et soixante-dix romans – y compris le narrateur – que se partagent les comédiennes. « Forcément, c’est difficile puisque ça n’a jamais été fait avec ce texte-là. Faire du théâtre avec un roman, c’est compliqué. Il y a une forme de danger, de risque, parce qu’on doit inventer », précise Magali Montoya à l’AFP. 

 

Le tout est porté par la musique, et des guitares, à grand renfort de tableau, pour bien suivre les généalogies et les personnages. De sorte que les spectateurs pourront, de l’aveu de la metteuse en scène, roupiller un peu, mais s’y retrouver en ouvrant un œil. Pour ceux qui préfèrent la lecture, Madame de Lafayette est aussi disponible en Pléiade.