La sortie en salles contestée de L'Homme qui tua Don Quichotte

Laure Besnier - 11.05.2018

Culture, Arts et Lettres - Cinéma - Don Quichotte - Terry Gilliam - Paulo Branco


Qualifié de « film maudit », la sortie en salles, le 19 mai, de L'Homme qui tua Don Quichotte est au cœur d'une dispute juridique. Alors que le Centre national du cinéma (CNC) vient de délivrer le visa d'exploitation au film de Terry Gilliam — permettant sa diffusion au cinéma —, son ancien producteur, Paulo Branco, entend contester cette décision en justice. 

 


À l'origine de l'affaire, Paulo Branco et sa société de production, Alfama Films, qui achètent les droits d'auteur-réalisateur de L'Homme qui tua Don Quichotte, en avril 2016. Seulement, en désaccord avec le réalisateur Terry Gilliam, leur collaboration doit cesser et ce dernier se tourne vers la société Kinology ainsi que des coproducteurs espagnols, belges et portugais. 

Dans un communiqué de presse, le CNC rappelle que le « contentieux » opposant Paulo Branco et Terry Gilliam concerne « les conditions dans lesquelles il a été mis fin à leur collaboration » ainsi que « les droits dont M. Branco serait encore titulaire en application de la convention conclue entre eux. » 

Pour cette raison, le juge des référés du tribunal de grande instance (TGI) de Paris a décidé qu'il serait « disproportionné » d'en « empêcher la diffusion de l'œuvre », autorisant ainsi sa sortie en salles. Hier, le CNC a donc délivré un visa d'exploitation « tout public » au film de Terry Gilliam. 

Une bonne nouvelle pour le Festival de Cannes — le film devrait être diffusé le 19 mai, en clôture de sa 71e édition — et le distributeur français du film, Océan. D'autant plus que son tournage avait connu toutes sortes de mésaventures.


Un visa d'exploitation contesté


Néanmoins, la société de production de Paulo Branco ne l'entend pas de cette oreille. Dans un communiqué adressé à l'AFP, elle indique qu'elle va « immédiatement » saisir le juge des référés afin d'exiger la « suspension de la sortie en salles à titre de mesure conservatoire. » Pour la société, la première décision prise par le TGI de Paris ne concernait que la projection du film au Festival de Cannes (et non pas sa diffusion).  

Le communiqué ajoute que le juge des référés avait « clairement jugé (que la projection prévue à Cannes) constituait un trouble manifestement illicite, raison pour laquelle il l'a assortie de conditions. » Ainsi, le 19 mai, devra être indiqué à l'écran que la séance « ne préjuge en rien des droits revendiqués » sur le film par la société de production. 

De surcroît, Paulo Branco invite les exploitants de salles à différer la programmation de L'Homme qui tua Don Quichotte, « jusqu'à ce que le juge qui va être saisi par Alfama se soit prononcé ». Et, tout cela, ajoute-t-il, parce qu'ils risqueraient alors de « participer à une violation des droits d'Alfama engageant leur responsabilité ». 
 

Une première image pour
L'Homme qui tua Don Quichotte de Terry Gilliam


L'AFP indique que Paulo Branco et sa société de production aimeraient voir une décision du juge des référés avant le 19 mai. En ce qui concerne le fond, la justice française doit rendre un jugement en appel le 15 juin.  



 

Commentaires

Pas de commentaires

Poster un commentaire

 

grin LOL cheese smile wink smirk rolleyes confused surprised big surprise tongue laugh tongue rolleye tongue wink raspberry blank stare long face ohh grrr gulp oh oh downer red face sick shut eye hmmm mad angry zipper kiss shock cool smile cool smirk cool grin cool hmm cool mad cool cheese vampire snake exclaim question

Vous répondez au commentaire de

Cliquez ici pour ne plus répondre à ce commentaire

* Laisser vide pour ne pas reçevoir de notification par email de nouveaux commentaires.