La "trahison" de Manu Larcenet : adieu, papier !

Laure Besnier - 31.05.2018

Culture, Arts et Lettres - Expositions - Manu Larcenet - Bande dessinée - Dessins exposition


Adieu crayons, plumes, pinceaux, papier ! Gagné par les potentiels infinis des nouvelles technologies, Manu Larcenet a adopté la tablette graphique, pour ne plus la lâcher. Plus précis et plus rapide, c'est avec elle qu'il prépare le sixième album de Retour à la terre – le dernier datait de 2008. En attendant, la galerie Barbier & Mathon consacre une grande exposition, du 15 juin au 15 septembre prochain, à son œuvre papier, celle qui appartient déjà au passé. 

 
 


Planches originales, dessins, couvertures d’albums de Bill Baroud, Le Combat ordinaire, de Donjon Parade, Valérian (revu et corrigé), Les Cosmonautes du futur et Le Retour à la terre s’afficheront sur les murs de la galerie Barbier & Mathon. Une collection qui ne pourra plus grandir, Manu Larcenet consacrant désormais uniquement son dessin sur tablette numérique. 

 

« Aucune nostalgie dans cette exposition » assène la Galerie. Vraiment ? Si, certes, le regard sur la pratique de la bande dessinée peut changer, la pratique des galeristes, elle, dépend bien de ce qu’ils peuvent accrocher. Mais peu importe, les aficionados de la tradition — aimant dessiner des planches sur papier — existeront toujours. 

 

Manu Larcenet est dessinateur et scénariste, il a utilisé le crayon, le pinceau ou même la plume. À travers son œuvre, il a pu explorer tous les registres de la narration en bande dessinée : le réalisme, l’humour, le drame psychologique, le récit intimiste ou encore la parodie. L’auteur est prolifique : il a créé plus de 70 albums. 

L’ancien élève des Arts appliqués, passé par Fluide Glacial, a reçu de nombreux prix pour ses ouvrages, notamment le Prix du meilleur album au Festival d’Angoulême, en 2004, pour Le Combat ordinaire. Certains de ses travaux sont réputés plus « difficiles ». Manu Larcenet aime donc prendre des risques. 
 

Le Retour à la terre © Dargaud

 

Ce qu’il continue de faire, en annonçant l'abandon du papier pour la tablette graphique. Même s’il faut le préciser tout de suite : l’auteur utilisait déjà l’informatique dans ses travaux précédents. Il reprenait ses dessins grâce à des logiciels. Pour Le Rapport de Brodeck, par exemple, il dessinait des scènes séparées sur des feuilles avant de les assembler et ne noircissait certaines cases à l’encre qu’avec son ordinateur. 

 

Selon Manu Larcenet « [l’informatique] ne modifie en rien le processus de création. Les règles de composition, de dessin et de mise en page restent inchangées. » Enfin, il modifie quand même la précision de la main du dessinateur : « La tablette graphique me permet de zoomer dans une image, de m’y plonger avec plus d’intensité et d’être beaucoup plus précis. Et je ne fonctionne plus sous pression : si je rate un dessin, il me suffit d’un geste pour revenir à l’étape précédente. Le repentir, ce bricolage grossier sur le papier, ne se voit plus. » 


Manu Larcenet : “Je ne lis plus de bandes dessinées,
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Enfin, une belle exposition à découvrir avec de belles images, sur papier, estampillées Larcenet. 

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