Largo Winch, le film : un héros qui s'éloigne de l'original

Clément Solym - 14.02.2011

Culture, Arts et Lettres - Cinéma - largo - winch - film


C’est Jérôme Salle, réalisateur d’Anthony Zimmer (depuis adapté aux États-Unis sous le nom de The Tourist) et du premier volet du film, qui mène ce deuxième opus tambour battant. « On s'est dit qu'on allait se servir de la réussite du premier film (plus de 1,7 million d'entrées, ndlr) pour franchir une étape », explique Jérôme Salle à l'AFP. « On voulait faire mieux en tout, repousser les limites, transgresser les codes ».

De course-poursuite en combat, Largo Winch n'a pas le temps de souffler pour déjouer le complot ourdi contre lui dans le deuxième film consacré aux aventures du héros milliardaire, sur les écrans mercredi. Seulement, à l’inverse du premier opus, le scénario de Jean Van Hamme est nettement moins respecté.

Ici, Largo est à la tête du groupe, qu’il a décidé de vendre pour en faire profiter une fondation − une hérésie pour les fans de la première heure. Toujours incarné par Tomer Sisley, le jeune milliardaire doit prouver son innocence à Diane Francken, alias Sharon Stone, procureur de la Cour pénale internationale.

Accusé par un témoin mystère, Largo doit retourner sur les traces de son passé, dans la jungle birmane, pour prouver son innocence. Censé se dérouler principalement en Birmanie, mais tourné pendant 99 jours dans cinq pays (Thaïlande, Hong Kong, Belgique, Allemagne, Suisse), ce film à gros budget − plus de vingt millions d'euros − s'inspire des albums La forteresse de Makiling et L'heure du tigre. Mais de la BD culte, il reste peu de chose. « Le personnage est vendu à un réalisateur et je n'ai aucune paternité », avoue Jean Van Hamme, qui était consultant. (Via Nord Eclair)

Au programme, des scènes d'action plus longues et une chute libre de 55 secondes en temps réel, ayant nécessité deux semaines de tournage et 111 sauts de Tomer Sisley. Mais il ne s'agit pas d'action « gratuite. Il faut qu'elle fasse avancer la narration », souligne Jérôme Salle. Mais ce qui choque les puristes, c’est le côté « premier degré » du héros, luttant pour faire sa B.A. et manquant cruellement d’aspérités ; alors que le personnage de la bande dessinée se montre plus complexe : séducteur, à l’aise dans le monde de la finance alors qu’il en déteste les acteurs et les codes, violents, mais aussi plein d’humour…

Quant à savoir s'il y aura un troisième volet, aucun indice pour l’instant. Jérôme Salle n'est pas candidat à la réalisation. Depuis quatre ans qu'il se concentre sur ce personnage, il a maintenant d'autres projets.