Le 30e Marché de la poésie s'affranchit des frontières

Clément Solym - 15.06.2012

Culture, Arts et Lettres - Salons - Marché de la poésie - Place Saint-Sulpice - Singapour


Comme le soulignera Jacques Darras, président de Circé et du Marché de la poésie, poète évidemment, la 30e édition du Marché de la poésie, Place Saint-Sulpice, consacre son statut d'« institution ». Mais tous, des organisateurs aux éditeurs présents (près de 400), souhaitent poursuivre son expansion, notamment par l'ouverture au public. Celui-ci, dès le premier jour de la manifestation, a répondu présent.

 

Les stands ne seront pas restés vides bien longtemps entre le Salon de la bibliophilie (voir notre actualitté) et le Marché de la poésie, qui s'est ouvert ce jeudi matin. On se surprend à avancer au pas dans les allées, ce qui laisse le temps d'attraper au passage quelques bribes de conversations. « Ça a failli être annulé l'an dernier, non ? », « J'étais sûr de vous trouver ici ! », et autres badinages.

 

 

 C'est Singapour qui est cette année l'invité d'honneur du Marché de la poésie, un symbole d'« ouverture » pour Jacques Darras, puisque l'île rassemble à elle seule 4 langues : l'anglais, le malais, le chinois et le tamoul, comme le détaille Paul Tan, un des auteurs singapouriens invités. « Les poètes sont souvent individualistes, pas très "famille", et entretiennent même une forme de narcissisme » explique Darras, qui valorise le marché « pour sortir des frontières linguistiques [...] sans pour autant attendre les subventions. » L'Irlande sera à l'honneur l'année prochaine.

 

Souhaitant la bienvenue à l'ambassadeur de Singapour, l'adjoint au maire du 6e arrondissement Olivier Passelecq souligne « l'engagement de la mairie pour que le Marché de la poésie garde sa place », pour effacer les mauvais souvenirs de l'année dernière, quand des problèmes de dates et d'organisation avaient provoqué quelques frictions entre administration et organisateurs. Il s'engage d'ailleurs à fournir plus de place aux poètes, non seulement par une journée professionnelle, mais également, pourquoi pas, en repoussant les limites du marché au parvis de Saint-Sulpice.

 

 

Sacrés poètes, en effet ! Alors que Jean-François Colosimo rappelle le soutien d'« un quart de siècle » du CNL pour le marché, et propose la création d'un site de e-commerce « qui accompagnera le marché tout le reste de l'année. Il est vital que l'on puisse voir, avoir, toucher tous les livres, en vous laissant bien sûr l'initiative de la création », Michel Deguy, président d'honneur de cette 30e édition, revient sur « la rumeur selon laquelle le CNL songerait à supprimer sa commission pour la poésie. » Le président du CNL s'étrangle, et secoue la tête pour démentir, mais « le regroupement, dans lequel [la commission] aura, bien sûr, toute sa place » amuse De Guy.

 

Pas sûr qu'une réforme des instances du CNL vienne à bout de la poésie : « Le Bateau Ivre » de Rimbaud a bien réussi à jeter l'ancre sur les murs du Centre des impôts... « C'est ce qu'on appelle l'impoésie » rigole Jacques Darras. Le « poème pétroglyphe » a été inauguré dans la foulée : réalisé par la Fondation Tegen-Beeld, néerlandaise, il se lit de droite à gauche, un choix artistique pour s'accorder au sens du vent.

 

Cette année, ActuaLitté est partenaire du marché de la poésie.

 

 

 




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