Le Barreau de Paris en folie : Beigbeder, écrivain sur les rails ?

Clément Solym - 26.01.2010

Culture, Arts et Lettres - Salons - Barreau - Paris - folie


Le monde juridique d'apparence très austère sait pourtant s'amuser et allier les nécessités de son métier en jouant facétieusement sur ses atouts. La Conférence Berryer, bien connue des habitués, se déroule une fois par mois, à la Salle des Criées (Palais de Justice), sous la haute autorité du quatrième secrétaire.


En somme, un certain Pierre-Antoine Berryer a donné lieu à cette pantalonnade, parodie judiciaire, poursuivie bien après sa mort dans une salle que l'on compare à celle des jeux du cirque, cela donne le ton.

Et comme pour le célébrissime Tribunal des flagrants délires de la grande époque France Inter, on invite un personnage connu, qui arrive en retard, comme il se doit pour tout ce qui a trait au droit. Thomas Heintz, l'actuel quatrième secrétaire nous informe ainsi que l'invité de demain n'est autre que Frédéric Beigbeder, et que ce dernier sera reçu à 21 h, « en la première chambre du tribunal ».

Pour l'anecdote géographico-historique, « c’est juste à côté de la salle des Criées, et là où siégeait le tribunal révolutionnaire ; Marie-Antoinette y fut condamnée à mort ». Deux sujets seront abordés au cours de la soirée
  • « Le roman français est-il sur de bons rails ? »
  • « Le marin est-il l’ami de l’écrivain ? »
La pertinence de l'invité sur ces questions ne fait à peu près aucun doute. L'entrée étant gratuite, il convient de téléphoner ou emailer l'intéressé au 01.42.27.33.82 ou theintz[at]fleurymares.com pour réserver sa place. Pour les néophytes, cela se passe ainsi
Un portrait. Le Secrétaire rapporteur de la séance prononce alors un éloge "doux-amer" de l'invité, laissant ce dernier rectifier, à l'issue de son rapport seulement, les quelques contre-vérités lancées en public.

Un discours. Deux sujets, proposés quinze jours à l'avance, sont ensuite rappelés aux valeureux candidats de cette Conférence, avocats ou non, qui au nombre de trois ou quatre viennent défier la Conférence en déclamant un discours au beau milieu de la foule.

12 critiques. Après chaque discours, les Secrétaires prennent tour à tour la parole (du douzième au premier) et critiquent avec plus ou moins de férocité et d'humour le candidat. Le dernier mot revient à l'invité, souvent soucieux de défendre ce dernier.

1 contre-critique.
A l'issue des discours de la soirée et des critiques, vient l'heure de la contre-critique. La parole est alors donnée à un ancien Secrétaire, qui vient clouer au pilori de sa propre faconde (qu'il croyait éloquente) chacun des Secrétaires.
La boucle est bouclée et l’autodérision triomphe sur un dernier mot de l'invité. Pour un petit rappel historique, on retrouvera les renseignements sur leur site avec plaisir.