Le Cartel de Ridley Scott fait peu de trafic en salles obscures

Julien Helmlinger - 13.11.2013

Culture, Arts et Lettres - Cinéma - Cartel - Thriller - Ridley Scott


Science-fiction, road movie sauce rock'n roll, péplum et autre film biblique, aucun registre n'échappe au réalisateur Ridley Scott. Pour son dernier film qui sort ce mercredi dans les salles de l'Hexagone, Cartel (The Counsellor en VO), le Britannique s'est immergé dans le polar et l'univers aussi scintillant que sulfureux des narcotrafiquants. Avec tout un gang de stars hollywoodiennes au casting et le talentueux Cormac Mc Carthy au script, la déception semble au rendez-vous du box-office américain, et la critique peu emballée par la production. 

 

 

 

 

 

 

Descente aux enfers pour le héros du long métrage comme pour ses producteurs ? Malgré l'association du cinéaste de renom et de l'univers sombre du romancier américain auteur notamment de l'excellent No Country for Old Man, ce nouveau thriller n'a convaincu ni la critique ni le public aux Etats-Unis. Dans la presse francophone, les avis semblent mitigés et plutôt déçus. La production avait pourtant les moyens de ses ambitions, et un casting bien fourni.

Le film met en scène Michael Fassbender, dans le rôle d'un avocat amoureux et prêt à se marier qui se laisse bientôt embourber dans une affaire douteuse, et pleins de malfrats hauts en couleurs campés notamment par Brad Pitt, Cameron Diaz et Javier Bardem, tandis que Penélope Cruz prête ses traits à la compagne du protagoniste central. Si le synopsis se veut ici au plus simple, les rebondissements rocambolesques sont évidemment de la partie.

Au box-office américain, la production a récolté quelque 13,7 millions de dollars de recettes en deux semaines, une contre-performance. Pour Cormac McCarthy, dont plusieurs romans ont été adaptés au cinéma, il s'agit de son premier scénario, parfois jugé trop complexe et maladroit par la critique, notamment pour la complexité des dialogues parfois enigmatiques. Néanmoins, on accorde volontiers à la réalisation de Ridley Scott d'y mettre du rythme.

Alors que toute l'équipe du film vantait l'implacabilité du script et son réalisme, du côté d'Hollyood, Variety rend son verdict : « Quel que soit son talent de romancier, McCarthy ne comprend visiblement rien à la façon dont le drame et le suspense marchent à l'écran, consacrant tous ses efforts à créer des conversations baroques et impénétrables entre des personnages clichés et mal caractérisés. »

Au rang des premières critiques francophones, dans le Parisien on peut lire qu' « au scénario, le réalisateur signe un thriller d'une navrante médiocrité, où des personnages outranciers se répandent en considérations interminables sur le sexe et où les scènes de violence complaisantes se succèdent ». Quand pour 20minutes le problème « ne vient donc ni des acteurs ni de la mise en scène toujours virtuose de Sir Ridley mais d'une intrigue très prévisible et outrancière, décevante de la part d'un grand écrivain. Certes, on prend du plaisir à voir du beau monde merveilleusement filmé mais l'ennui pointe souvent son vilain nez ».

La critique belge redore un tantinet le bilan, tandis que Le Soir titre : « Un thriller glaçant et efficace. » Chacun sa came.