Le CES et l'édition, vraiment comme cul et chemise ?

Clément Solym - 08.01.2010

Culture, Arts et Lettres - Salons - CES - edition - vraiment


Depuis quelques jours, nous ne parlons plus, ou presque, que du CES, le Consumer Electronics Show. Près d'une vingtaine de lecteurs ebook devraient y être dévoilés, preuve s'il en est que le marché est florissant : Plastic Logic, COOL-ER, iRex ou encore Samsung, MSI et d'autres voilà bien des noms qui aujourd'hui font l'actualité de ces appareils.


Bien sûr, l'une des plus attendues est sans nul doute la tablette d'Apple, qui ne sera pas présentée, mais devrait être annoncée à la fin du mois. C'est dingue comme avec Apple, l'emploi du conditionnel devient une obligation.

La course à l'annonce et l'innovation

Mais un point commun - ou plutôt, une cacophonie commune règne dans toutes ces annonces : on parle de couleur, de sans fil, de tablette PC avec écrans tactiles, de partenariat avec Google books, et j'en passe et j'en oublie. Pour certains, assure Publishing Perspectives, le CES se meut en une sorte de laboratoire d'expérimentation sur ce que sera demain le monde de l'édition. Et d'une certaine manière, ces outils de lecture aujourd'hui présentés seront probablement représentatifs d'une grande partie de ce qui nous servira pour la lecture numérique demain.

... autant que les produits fantômes

Pourtant, il est important de se rappeler qu'une grande partie des modèles présentés durant le CES sont soit des variations (plus communément appelés 'clones') de ce qui se fait déjà aujourd'hui soit des prototypes dont on pourrait ne jamais voir la couleur - c'est le cas de le dire. N'oublions pas, à ce titre, les vaporwares, ces produits annoncés mais qui ne se concrétiseront jamais... Plastic Logic, pour exemple, commence à friser avec l'Arlésienne, de même que le Readius, dont on parle depuis maintenant plusieurs années sans que jamais la commercialisation n'aboutisse.

Une étrange croisée des chemins

Alors, parler de l'avenir de l'industrie du livre commence à devenir un brin présomptueux. S'il est passionnant d'un côté de découvrir les modèles, même s'ils ne présentent pas des évolutions stupéfiantes, il est encore plus intéressant de découvrir cette croisée des mondes, où l'univers du livre papier et son héritage rencontrent désormais un monde de vitesse et de processeurs, où le nombre de pages le dispute désormais avec le contraste, les mégahertz ou la RAM.

Du CES à l'édition et de l'édition au porno ?

En guise de rame, je pense que dans une maison d'édition, la seule que l'on fréquentait voilà encore quelque temps était celle qui alimentait l'imprimante pour sortir des épreuves des livres. Et si l'on fait aujourd'hui du buzz autour d'un livre, tout comme l'on pratique les Clauses de non-divulgation avec un produit technologique nouveau, reste que ces deux univers qui se télescopent ont beaucoup à apprendre l'un de l'autre. Et qu'il serait bon que ni l'un ni l'autre ne prenne l'avantage pour ne pas voir un déséquilibre se creuser.

Et si aujourd'hui l'offre est déjà suffisante pour satisfaire les besoins d'une grande partie de la population qui souhaite investir dans un lecteur ebook - au moins aux États-Unis, il faut avant tout retenir que le lien entre le CES et l'édition est à peu près le même qu'entre le CES et l'AVN-Adult Entertainment Expo, qui se déroule en même temps, dans la même ville.


Et dont le thème est l'industrie pornographique. Tout un monde entre les deux... en quelque sorte.