Le Chat du Rabbin de Sfar : soyez tolérants

Clément Solym - 31.05.2011

Culture, Arts et Lettres - Cinéma - chat - rabbin - film


Depuis 2002 et la sortie de la BD, Joan Sfar a fait du chat de son rabbin une sorte de maître de philosophie et d'humour, au travers de cinq albums, assez doux, plutôt délicieux, même. Avec la sortie du film, proposé en version 2D et 3D, dans l'Alger des années 20, l'aventure de ce chat n'est plus vraiment la même.

« L'enjeu était de critiquer la religion, mais de l'intérieur. Comme un enfant qui a suivi des cours de Talmud-Torah, de Coran ou de catéchisme, qui adore ses parents, ses profs, mais trouve que certaines choses là-dedans méritent d'être révisées. Pour moi, l'un ne va pas sans l'autre : on ne peut pas critiquer les gens qu'on n'aime pas », expliquait le réalisateur et dessinateur auprès de l'AFP.


Mais dans les faits ? Dans les faits, le film est triste. Enjoué, dans le fond, mais triste à voir, parce que des silences on passe à la voix omniprésente, et particulièrement celle d'un chat qui n'est pas agréable à entendre. Un chat qui en devient même pensant, nuisible... Oui, demeure la leçon de tolérance, et le chat reste ce liant entre les êtres, celui qui contraint à la réflexion.

Mais les couleurs, les ambiances, les dialogues, trop nombreux, trop triviaux, n'apportent rien et perdent du charme de la BD. Il ne s'agit pas de dire combien la BD est plus originale et meilleure, mais plutôt combien l'animation - et tout particulièrement quand elle est dans sa version 3D - n'apporte absolument rien. Rien du tout.

Oui, c'est beau, et c'est un bon moment, mais il va falloir se montrer tolérant. Après tout, c'est la vocation même du travail de Sfar.

Revenez donc aux pages originelles, c'est tellement plus envoûtant...

Quant au synopsis, le voici :

Alger années vingt, le Rabbin Sfar vit avec sa fille Zlabya, un perroquet bruyant et un chat espiègle qui dévore le perroquet et se met à parler pour ne dire que des mensonges.
Le Rabbin veut l'éloigner. Mais le chat, fou amoureux de sa petite maîtresse, est prêt à tout pour rester auprès d'elle... même à faire sa Bar Mitsva !
Pour aider son maître à réussir un examen en langue française, le chat commet le sacrilège d'invoquer l'Eternel et perd la parole. Désormais, son seul ami sera un peintre russe en quête d'une Jérusalem imaginaire où vivraient des juifs noirs. Le chat, le Rabbin, un ancien soldat du Tsar et le Cheikh Sfar feront avec lui la route coloniale.