Le Chili inaugure le centenaire de son anti-héraut, Nicanor Parra

Julien Helmlinger - 23.08.2014

Culture, Arts et Lettres - Expositions - Nicanor Parra - Exposition - Centenaire


A Santiago, capitale chilienne, on célèbre cette année le centenaire de l'écrivain Nicanor Parra, qui s'était lui-même défini comme antipoète, désireux de s'oposer à la tradition poétique. En cette occasion, l'exposition Parra 100 se tient jusqu'au 14 décembre dans le département des arts visuels du Gabriela Mistral Center. Une invitation au voyage à travers six étapes de sa vie, depuis son enfance au Chili à ses voyages à la rencontre du monde culturel.

 

 

 

 

Né en 1914 à Fabian de Alico, Nicanor Parra a exercé ses talents comme écrivain, mathématicien, physicien et professeur, avant de révolutionner la poésie hispanophone. Si bien que le très prestigieux Prix Cervantes lui a été décerné en 2011. Au fil du parcours, les visiteurs pourront découvrir 52 photographies grand format, en noir et blanc, ainsi que 60 autres photos aux dimensions plus humbles. 

 

Son style est parfois décrit comme teinté d'ironie et volontiers métaphorique, à renfort d'une syntaxe soignée, capable d'atteindre son lectorat et notamment les jeunes lecteurs. Quant à sa personnalité, l'on accorde à l'auteur d'avoir farouchement défendu son indépendance d'esprit.

 

Les œuvres exposées ont été retrouvées par hasard par un petit-fils de l'écrivain, après que la bibliothèque personnelle fut détruite par un tremblement de terre, le public pourra notamment voir une photo de lui avec l'épouse du président américain Nixon, en contexte de Guerre froide, qui allait conduire à l'annulation d'une invitation de l'antipoète au Salon du livre de La Havane. 

 

En vain, il aurait toutefois demandé pardon à la gauche chilienne qui lui en aura voulu ainsi qu'au régime cubain suite à cet incident diplomatique, et tracé sa propre voie. Comme le décrit son pair chilien Raul Zurita, Nicanor Parra aurait toujours agi de manière « incorruptiblement indépendante ».