Dernièrement, le dramaturge Hassan Preisler avait émis l’idée de réaliser une adaptation du roman Les Versets sataniques de l’auteur indien Salman Rushdie en pièce de théâtre. Cependant, lui qui souhaitait que cette pièce soit jouée au prestigieux Théâtre royal danois voit son rêve tomber à l’eau puisque l’institution a répondu à son souhait par la négative.

 

 

 

L’acteur danois Hassan Preisler, célèbre dans le pays, s’était fait connaître en 2011 lorsqu’il a occupé le poste de directeur artistique de la compagnie de théâtre danois, avec la pièce L’homme blanc — Une lettre d’amour compliquée. Le comédien estime que la décision du théâtre serait motivée par la peur. Selon lui, le Théâtre royal danois craint de voir naître une adaptation du livre Les Versets sataniques, et surtout une représentation de cette adaptation sur son sol. 

 

Il est vrai que, depuis déjà 27 ans, l’écrivain Salman Rushdie est la cible d’une fatwa (un avis religieux donné par un homme spécialiste de la loi islamiste) formulée à son encontre en février 1989 en Iran. Celle-ci avait été lancée par Ruhollah Khomeini, qui demandait à tout bon musulman de tuer l’auteur, dont l’ouvrage Les Versets sataniques avait été jugé comme blasphématoire par Téhéran à l’époque et encore aujourd’hui, car il porte offense à l’Islam, au prophète et au Coran. 

 

Cette fatwa a de nouveau été prononcée par la République islamique en février dernier, lorsque la prime offerte pour la mort de l’auteur a été élevée à 3,9 millions $ (40 médias iraniens contrôlés par l'État se sont regroupés pour offrir 600.000 $ pour la mise à mort de Salman Rushdie). 

 

Déjà en 1996, le Premier ministre de l’époque au Danemark, Poul Nyrup Rasmussen, avait annulé à la dernière minute la venue de l’auteur Salman Rushdie dans le pays, car il craignait des représailles de la part de l’Iran. À l’époque, la simple venue de l’écrivain sur le sol danois pouvait remettre en cause la coopération commerciale entre les deux pays. 

 

Le directeur du Théâtre royal danois, Morten Kirkskov, a contesté les affirmations faites par l’acteur Hassan Preisler lors d’une interview accordée à la radio Nyhedsoverblikket — Nyheder (DR Nyheder) en insistant sur le fait que la peur n’avait rien à voir dans cette décision. « Cela ne nous a jamais traversé l'esprit » a-t-il complété. Selon lui, le théâtre a refusé l’idée émise par Hassan Preisler tout bonnement parce que d’autres romans étaient plus faciles à mettre en scène. 

 

Cela dit, le théâtre ne s’est pas contenté de formuler un simple refus puisque son dirigeant s’est chargé de chercher un lieu où la pièce d'Hassan Preisler pourrait être jouée et s’est même renseigné pour obtenir le droit d’exploiter le roman. 

 

Toujours à la recherche d’un théâtre qui acceptera de travailler avec lui, Hassan Preisler ne perd pas espoir, et entend bien voir son projet se réaliser. 

 

(via DR Nyheder, Wikipédia, CPH Post)