Le discours politique, semblable à celui du télé-achat

Clément Solym - 26.01.2011

Culture, Arts et Lettres - Expositions - segolene - royal - vendre


Damien Chardonnet-Darmaillacq, ancien secrétaire général du mouvement « Désirs d’avenir » de Ségolène Royal, signe un spectacle humoristique sur l’ancienne candidate aux présidentielles de 2007 : « BLABLABLA ou Approche latérale des paradigmes discursifs à caractère persuasif ou promotionnel ».

Loin de lui l’idée d’écrire un pamphlet sur Ségolène Royal : « Je ne renie rien des années passées avec elle, et je ne cherche en aucune manière à lui nuire », explique-t-il. Il souhaiterait plutôt dénoncer le discours politique et promotionnel, le comparant à celui d’une vendeuse de télé-achats : « Il y a un rapprochement à faire entre ces deux discours, ils utilisent les mêmes mécanismes », déclarait le jeune metteur en scène ce matin sur France Culture face à Aude Lavigne.

Après avoir milité pour au sein du PS pendant quelques années, le jeune homme s’était vu proposer un poste de chargé de mission pour mettre en place la démocratie participative pendant la campagne de 2007.


Selon l'AFP, la représentation du spectacle aura lieu au Dansoir, petit théâtre installé sur le parvis de la Bibliothèque Nationale de France, mercredi et jeudi soirs, dans le cadre de la première édition du festival « Indisciplines ». Sur scène, il est l’interprète principal, fil conducteur liant les cinq performeurs dont il s’est entouré, parmi lesquels une danseuse, « pour étudier le corps en discours et le rapport du corps au discours politique ».

Damien Chardonnet-Daramaillacq, désormais sorti du cercle politique, avoue cependant s’être largement appuyé sur son expérience de collaborateur de Ségolène Royal : « Il y a une volonté de partir de l’expérience politique que j’ai eue pendant trois ans. J’ai quitté la politique aussi vite que j’y suis entré. Ces trois années ont été magnifiques, mais quand ça a été terminé, je me suis retrouvé avec ces trois ans dans les mains sans savoir quoi en faire. Il m’a semblé pertinent d’amener cette parole et ce témoignage sur un plateau, dans une époque où il n’est pas facile de rêver, d’espérer, et ainsi est née l’envie d’écrire le spectacle et d’étendre ce témoignage ».

Et d’ajouter : « Je n'ai jamais fait de la politique parce qu'on a voulu que j'en fasse. J'ai mis le doigt dans l'engrenage à un moment où beaucoup de gens ressentaient un espoir pour que ça bouge. Royal a incarné cette possibilité d'une rupture et d'un renouvellement. Mais elle n'a pas réussi à monter sur cette machine qu'est le PS, qui a fini par la dévorer. Elle en est aussi responsable

Une certaine amertume donc, mais des propos à mesurer : « Le spectacle dépasse ma simple histoire et celle de Ségolène Royal en elle-même ».