Le Faust sans faux pas d'Alexandr Sokurov

Clément Solym - 20.06.2012

Culture, Arts et Lettres - Cinéma - Faust - Alexandr Sokurov - adaptation cinéma


Le réalisateur russe Alexandr Sokurov a décidé de clore sa tétralogie sur le pouvoir en adaptant - en allemand - le mythe de Goethe, Faust : le scientifique qui rêve de connaissance universelle pour devenir un dieu fait suite à Hitler (Moloch), Lénine (Taurus) et Hirohito (Le Soleil).

 

C'est donc à une réinterprétation radicale du mythe que le spectateur aura affaire : « Je voudrais que la tétralogie ne soit pas une suite linéaire, mais un cercle. Une fois la boucle bouclée, ce cercle connectera des personnages et des moments historiques très éloignés » explique le réalisateur.

 

Faust en dictateur ? Que les puristes se rassurent, le personnage est plus proche du docteur que du despote, tandis que Méphistophélès, lui, s'incarne dans le corps improbable d'un usurier : il n'est pas interdit d'y voir un sous-texte politique.


 

Faust (Johannes Zeiler) et Margarete (Isolda Dychauk)



Le long-métrage, Lion d'or à la Mostra de Venise 2011, conserve la plupart des péripéties de l'oeuvre de Goethe, mais y ajoute des séquences expérimentales et des thématiques qui ne sont pas sans rappeler la science-fiction, premier amour de Sokourov : Le Jour de l'éclipse, qui l'a consacré en 1988, était l'adaptation d'un roman des frères Strougatski, deux Soviétiques rompus à l'anticipation.

 

Pour composer les images du film, qui font penser aux compositions de Rembrandt ou de Vermeer, Alexandr Sokurov a fait appel aux talents du Nancéien Bruno Delbonnel, déjà brillamment à l'oeuvre pour l'aspect visuel d'Harry Potter et le Prince de sang mêlé ou, plus récemment, du Dark Shadows de Tim Burton.

 

Retrouver Faust, en librairie