Le Festival d'Edimbourg : les 60 ans d'Israel ou l'exode palestien

Clément Solym - 23.06.2008

Culture, Arts et Lettres - Salons - Palestine - Nakba - Israel


Sean Connery doit y faire une apparition pour la lecture d'extraits tirés de ses mémoires, mais le Festival d'Édimbourg se heurte actuellement à un tout autre problème. Ses organisateurs ont été accusés d'analphabétisme politique puisqu'à l'occasion du 60e anniversaire de la création de l'État d'Israël, ces derniers se sont focalisés sur l'exode forcé des Palestiniens.

Cette allusion directe à la Nakba, désignant la perte des territoires, sera également appuyée par la présence de Ilan Pappé, un historien « le plus détesté d'Israël, en Israël », qui viendra discuter de son projet Nakba : le retour à l'âme. L'historien avait accusé le mois dernier le gouvernement sioniste de nettoyage ethnique en Palestine et contrebalancé la Shoah, en disant : « La culpabilité de l'Europe qui a permis à l'Allemagne nazie d'exterminer les Juifs devrait être guérie par la dépossession des Palestiniens. »

Analphabétisme politique

Pour Colin Shindler, cette programmation montre que « les organisateurs sont définitivement analphabètes ». Pour lui, si la Nakba est un motif légitime de discussion, il s'agirait plutôt de souligner le rapport de droit du peuple juif à l'égard des territoires. D'autres réactions ont fusé, comme celle « attristée » de Geraldine d'Amico, directrice de la Jewish Book Week. Pour elle, que la seule reconnaissance des 60 ans d'existence d'Israël se tourne vers la Nakba est faire peu de cas d'Israël. Des polémiques qui ne sont pas sans rappeler le Salon du livre de Paris.

Si pour d'autres il s'agit bien d'une qualité du Festival que de savoir provoquer les discussions et que ce cas précis était particulièrement passionné. D'ailleurs, on estime qu'il n'est pas toujours nécessaire d'équilibrer les points de vue au cours d'une discussion d'une heure, mais d'y parvenir sur l'ensemble du festival. D'ailleurs, le Festival a déjà donné plusieurs fois la parole aux voix juives et israéliennes et estime juste de mettre en avant quelque peu les Palestiens qui ont fui leur foyer voilà 60 ans.