Le film Anges et Démons ne profitera pas de l'ire du Vatican

Clément Solym - 10.05.2009

Culture, Arts et Lettres - Cinéma - brown - anges - démons


Le Vatican ne tient pas à communiquer sur le film Anges et Démons. Une réaction qui pourrait paraître étonnante quand on se rappelle le tollé qui avait été soulevé par l'Église contre le Da Vinci Code.

Officielement, on explique que le Da Vinci Code s'attaquait au fondement même de la chrétienté en évoquant une liaison entre Jesus Christ et Marie Madeleine. Ce qui évidemment ne pouvait pas laisser indifférent. L'affront serait donc moindre avec Anges et Démons. À plus forte raison quand on sait que le film est une version très édulcorée du roman

Silence, humour...


On pourrait aussi se demander si le Saint-Siège n'aurait pas tiré les leçons de la cabale contre le Da Vinci Code. En effet, en le condamnant le Vatican avait fait au film la meilleure publicité qu'il soit. Ne pas réagir sur Anges et Démons serait alors une manoeuvre pour que l'on ne parle pas autant de ce deuxième film.

Le silence est donc de mise au Vatican, et s'il l'on doit évoquer le film, on le fait avec humour. Federico Lombardi, jésuite et chargé de communication pour le Vatican, lui, n'évoque qu'une anecdote légère. En se baladant, il aurait été pris pour un figurant par un membre de l'équipe qui a essayé de le placer devant les caméras.

Giovanni Maria Vian, directeur du quotidien l'Osservatore Romano, avait déclaré qu'il accepterait de s'exprimer sur le film si la production achetait « 1 000 abonnements pour dix ans » de son journal pour l'équipe de tournage. Finalement, l'Osservatore Romano a fait paraître deux éditoriaux successifs sur le roman et le film. La production aurait-elle acheté les abonnements ?

... et réflexion

Dans le premier, l'éditorialiste décrit le film comme « éphémère » et prétentieux, il reconnaît pourtant la qualité du travail du réalisateur et celle de l'image. Le deuxième donne lieu à une réflexion plus profonde sur la manière dont l'Église base sa communication.

La réflexion est la suivante, le succès des romans (et par extension des films) de Dan Brown vient des thèmes traités « Le mystère de la vie et de la mort, et donc le sens de notre vie et de notre mort [...] Mais alors, pourquoi un tel succès ne sourit pas à l'Église, qui diffuse le message évangélique avec bien plus de profondeur et d'intelligence ? »

Et l'éditorialiste conclu par : « Il serait probablement exagéré de considérer les livres de Dan Brown comme une sonnette d'alarme, mais peut être sont-ils un stimulant pour revoir et ranimer les formes et les moyens médiatiques à travers lesquels l'Église explique ses positions sur les thèmes les plus brûlants d'actualité ».

Cela serait tout de même d'une ironie savoureuse si les romans de Dan Brown, si virulemment attaqués par le Vatican, en venaient à pousser les hommes d'Église à réfléchir et à changer leur stratégie de communication générale.