L’annonce du lauréat du Goncourt du premier roman a créé la surprise générale. Le prix a été attribué ce midi chez Drouant à Joseph Andras pour son livre De nos frères blessés. Édité chez Actes Sud, il y a quelques jours, le jeune auteur ne figurait pourtant pas dans la liste établie le mois dernier par le jury de l’Académie Goncourt. 

 

 

 

Cet écrivain âgé de 31 ans travaille d’arrache-pied pour que la figure du militant communiste et anticolonialiste Fernand Iveton soit réhabilitée dans De nos frères blessés. Il s’agissait du seul Européen exécuté durant la guerre d’Algérie.

 

« C’est un premier roman, mais, en le lisant, on est surpris par sa maturité, sa tenue, son écriture, sa construction » a expliqué Philippe Claudel, membre du jury Goncourt. Dans son ouvrage, Joseph Andras raconte le destin de Fernand Iveton, auteur d’une tentative d’attentat, qui fut le seul Européen guillotiné de la guerre d’Algérie. 

 

Toujours d’après Philippe Claudel, le roman raconte « une histoire réelle, des faits vrais, mais c’est la littérature qui nous la raconte. C’est un grand livre avant être un grand premier livre ». 

 

L’année passée, c’est l’écrivain et journaliste algérien Kamel Daoud qui avait reçu le prix Goncourt du premier roman pour Meursault, contre-enquête, publié aux Actes Sud. 

 

De nos frères blessés sortira en librairie ce mercredi. 

 

Marie-Hélène Lafon remporte le Goncourt de la nouvelle

 

Le Goncourt de la nouvelle a quant à lui été décerné à Marie-Hélène Lafon pour son recueil Histoires (éd. Bouchet Chastel). Déjà auteure d’une dizaine de romans et de recueils de nouvelles, Marie-Hélène Lafon a reçu ce prix à l’unanimité. En 2015, le téléfilm L’Annonce avait été adapté de son roman éponyme de 2009 du même nom, et réalisé par Julie Lopes Curval avec Alice Baglioni et Éric Caravaca en tête d’affiche. 

 

« Il y a des textes dont la modestie touche au sublime. Histoire appartient à cette bibliothèque-là, a affirmé le dramaturge, nouvelliste, romancier et réalisateur français Éric-Emmanuel Schmitt. C’est une conclusion brutale. Cette France rurale que Marie-Hélène Lafon peint avec autant d’âpreté, pour beaucoup d’entre nous, c’est celle de nos parents et de nos enfances ni oubliée, ni si lointaine ». 

 

Lors de l'édition 2015 du Goncourt de la nouvelle, c'est l'écrivain français Patrice Franceschi qui avait été récompensé pour Première personne du singulier (Points). 

 

 

 

 

Pour rappel, voici la sélection du jury pour les prix Goncourt du premier roman et Goncourt de la nouvelle :


Goncourt du premier roman : 

 

Olivier Bourdeaut, En attendant Bojangles (Finitude)

Catherine Poulain, Le grand marin (L’Olivier)

Sarah Léon, Wanderer (Heloise d’Ormesson)

Loulou Robert, Bianca (Julliard)

 

Goncourt de la nouvelle :

 

Marie-Hélène Lafon, Histoires (Buchet-Chastel)

Gérard Oberlé, Bonnes nouvelles de Chassignet (Grasset)

Erwan Desplanque, Une chance unique (L'Olivier

Francois Emmanuel, 33 chambres d’amour (Seuil)

 

Audrey Azoulay a tenu à féliciter les lauréats :

 

Joseph Andras, Prix Goncourt du premier roman pour De nos frères blessés (éditions Actes Sud), nous fait partager le destin d’un jeune ouvrier communiste, militant anticolonialiste, au temps de la guerre d’Algérie.

 

Marie-Hélène Lafon, Prix Goncourt de la nouvelle pour son recueil Histoires (éditions Buchet-Chastel), immerge le lecteur dans un monde imprégné par la terre de ses origines et par ce pays imaginaire qu’est la littérature.

 

Jean-Pierre Siméon reçoit quant à lui le Prix Goncourt de la poésie pour l’ensemble de son œuvre, et en particulier pour la manifestation littéraire Printemps des Poètes, qu’il dirige depuis des années. Le Printemps des poètes, soutenu par le ministère de la Culture et de la Communication, célèbre la poésie auprès du public le plus large, et montre ce que la poésie peut pour le monde.

 


Pour approfondir

Editeur : Actes Sud
Genre : litterature...
Total pages : 144
Traducteur :
ISBN : 9782330063221

De nos frères blessés

de Joseph Andras

Alger, 1956. Jeune ouvrier communiste anticolonialiste rallié au FLN, Fernand Iveton a déposé dans son usine une bombe qui n'a jamais explosée. Pour cet acte symbolique sans victime, il est exécuté le 11 février 1957, et restera dans l'Histoire comme le seul Européen guillotiné de la guerre d'Algérie. Ce roman brûlant d'admiration, tendu par la nécessité de la justice et cinglant comme une sentence, lui rend hommage.

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