Le Hobbit : la Warner voudrait racketter Harvey Weinstein

Antoine Oury - 11.07.2013

Culture, Arts et Lettres - Cinéma - Harvey Weinstein - Warner Bros - Le Hobbit


Quand il s'agit de blockbusters, on ne compte pas son temps pour toucher le jackpot : le milliard de recettes réalisé dans le monde par Le Hobbit aidant, les studios de production Weinstein et Warner Bros.  se livrent une guerre à coups de propriété intellectuelle. D'après Harvey Weinstein, la Warner aurait ainsi proposé de lever ses droits sur un titre de film, The Butler, en échange des 2,5 % que Weinstein touche sur les recettes des films adaptés de l'oeuvre de Tolkien.

 


Harvey Weinstein

Harvey Weinstein (Nick Step, CC BY 2.0)

 

 

Le pourcentage que Weinstein touche sur les recettes du Hobbit est une conséquence directe de l'implication de la société dont il est le fondateur, Miramax, dans un projet d'adaptation de l'ouvrage. La société de production avait dans l'idée de réaliser une adaptation des aventures de Bilbon Sacquet, la Warner Bros reprenant ensuite, seulement, la main sur le projet.

 

À présent, la Weinstein prépare la sortie de The Butler (Le majordome), prévue aux États-Unis le 16 août prochain (11 septembre en France) : un film de l'été avec Forest Whitaker, et un plan marketing huilé comme on peut l'imaginer. Sauf que la Warner fait jouer ses droits sur le titre du long-métrage, se référant à un court-métrage de 1919 dont elle a racheté les droits en... 2010.

 

Et Weinstein affirme que 2 cadres de la Warner ne lui ont proposé ni plus ni moins qu'un bon vieux chantage : « [S]i je lâche les droits sur le Hobbit, ils abandonnent la réclamation » a résumé Harvey Weinstein, avec le franc-parler qui le caractérise dans tout Hollywood. « Pour un court-métrage de 1916 ? C'était utilisé comme une technique de racket. À 100 %. C'est le géant qui s'attaque à plus petit que lui » a poursuivi le producteur lors d'un passage sur CBS.

 

Si le film sort sans accords, c'est 25.000 $ par jour de pénalités qui attend le studio Weinstein : « Il faudrait retirer 5.000 bandes-annonces des cinémas, fermer le site Internet, tout ce que nous avons planifié » a souligné Harvey Weinstein. La Warner a bien entendu démenti la proposition faite à Weinstein, et affirme être dans son droit, conformément aux lois américaines du copyright... Le studio Weinstein a fait appel de la décision de la Motion Picture Association of America, qui s'est prononcé en faveur de la Warner.