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“Le Journal de mes plaisirs” : les carnets d'Eduardo Solá Franco à la BnF

Antoine Oury - 28.03.2017

Culture, Arts et Lettres - Expositions - Eduardo Solá Franco - Eduardo Solá Franco BnF - BnF exposition


En 2015, la Bibliothèque nationale de France recevait les carnets de l’artiste équatorien Eduardo Solá Franco : pour la première fois en France, ils seront exposés dans la Galerie des donateurs à partir du 4 avril et jusqu'au 17 mai 2017. Un voyage par des aquarelles, réalisées au cours de voyage en Amérique et en Europe.

 

Eduardo Solá Franco, My Book of Pleasure, carnet 4,1942. BnF, Estampes et photographie

 

 

Héritier des peintres voyageurs, il a rempli pendant plus de cinquante ans d’épais carnets d’aquarelle qui permettent de retracer son parcours et ses très nombreux voyages, en Amérique du Sud et du Nord et en Europe. Au fil des pages, Solá Franco brosse le portrait de ses contemporains et saisit les grands bouleversements sociaux qui marquent son époque.

 

Formé à la peinture, Eduardo Solá Franco s’intéresse très vite à de nombreux domaines de création comme le cinéma, la danse, le théâtre et la littérature. À New York, Paris, Rome ou Madrid où il séjourne fréquemment, il côtoie les élites intellectuelles et les mondains, qu’il représente avec humour. On aperçoit ainsi, au cours de leurs soirées dans des salons, des salles de concert ou au théâtre, Joséphine Baker, Louis Armstrong, Jean Cocteau, Madeleine Renaud, André Maurois ou encore François Mauriac.

 

Les grands événements historiques du XXe siècle ponctuent également les carnets, au fil de l’actualité vécue par l’artiste.  La guerre civile espagnole, la montée du  nazisme et de l’emprise allemande en Europe, les bombardements de la Seconde Guerre mondiale,  plus tard la guerre du Vietnam et les mouvements des droits civiques aux États-Unis : Solá Franco exprime ses réactions aux événements qui l’entourent avec un œil pessimiste et nostalgique.

 

 

Ses pensées intimes et sa vie personnelle y sont aussi consignées, de ses rencontres amicales et amoureuses à ses épisodes de dépression et de maladie, et font de ces carnets une des premières autobiographies par l’image.

 

Le commissariat de l'exposition est assuré par Pauline Chougnet, conservatrice, département des Estampes et de la photographie à la BnF.