Le Koweit interdit des livres majoritairement égyptiens pour sa foire

Clément Solym - 28.09.2010

Culture, Arts et Lettres - Salons - foire - livre - koweit


La Foire annuelle du livre au Koweït sera frappée du sceau de l'interdit, celui qui vient de s'abattre sur différents ouvrages considérés comme portant atteinte aux règles en vigueur...

On ne s'en étonnera pas le moins du monde que les motifs présentés par le ministère de l'information du Koweït pour refuser ces ouvrages portent sur les éléments religieux, relatifs aux prophètes ou encore d'ordre pornographique. Toutes ces choses sont sales, odieuses et insultantes selon les critères locaux, donc, hop, censure.

Et zou !


Sauf que la mesure qui prendra effet durant la période de la foire (du 13 au 23 octobre) ne s'appliquera qu'à 25 des 24.000 ouvrages présentés que le comité a acceptés.

Pourtant, du côté des élus libéraux, on crie à la censure - à raison - estimant qu'il ne s'agit tout bonnement que d'une atteinte à la liberté d'expression, rapporte l'AFP. En face, les élus islamistes soutiennent bien sûr la décision d'interdire les ouvrages, et le ministère, malgré les demandes d'explications et de justification de cet arbitraire, maintient sa décision.

Et avec la loi koweïtienne pour la défendre puisque cette dernière stipule qu'il est interdit à toute personne de vendre ou d'imprimer des oeuvres jugées immorales, sous peine d'une condamnation et d'un emprisonnement.

Pas moyen que ça arrive au XXIe siècle

Parmi les pays victimes de cette censure, des romans et essais d'Égypte, mais également le livre d'Alaa-Assouani, ou encore Jamal Guitani. « Nous sommes au XXIe siècle, il n'y a plus moyen que l'on traite ainsi des êtres humains. Grâce à la technologie et internet, vous pouvez lire tout ce que vous voulez », s'énerve Salah al Mudhaf, membre de la société koweïtienne des droits de l'homme.

Selo lui, il n'existe en réalité aucune raison justifiant réellement la censure, sinon en constatant que la plupart des ouvrages censurés proviennent de l'Égypte. L'une des autres raisons, et qui là ferait doucement rigoler dans les chaumières, c'est que l'interdiction soit tombée tout simplement parce que les organisateurs n'ont pas pensé à demander une copie du livre avant pour les lire.