Le livre égyptien persona non grata au salon d'Alger : réactions d'intellectuels

Clément Solym - 23.08.2010

Culture, Arts et Lettres - Salons - foot - salon - alger


Chercher les éditeurs égyptiens au salon international du livre d’Alger risque de ne pas être une sinécure. Et pour cause, Smaïn Ameziane, commissaire de l’évènement, a souhaité leur boycott en début de mois.

La conséquence de la réaction à des protestations exercées par des intellectuels du pays contre l’Algérie. À l’origine de ces tensions, un simple match de foot qui a pris des tournures de crise diplomatique.

Le 12 novembre 2009, le match de qualification entre les deux pays avait eu pour préambule un concours de lancer de cailloux sur le bus de l’équipe nationale algérienne. Le jour du match changement de trajectoire pour les pierres s'abattant cette fois sur des commerces égyptiens, et à nouveau le 18 à Khartoum. Si la littérature soudanaise n’a pas fait l’objet de censure, les intellectuels algériens ont mis en défaut Ameziane en lançant une pétition pour « la levée de l’interdiction d’exposition des livres égyptiens ».


Le texte publié sur le net et fortement relayé par la presse algérienne demande très justement aux évènements culturels de gommer les errances des mafias du sport. Du côté de monsieur le commissaire, il s'agit avant tout d'être en adéquation avec sa « conscience ». Patriotique clame la plupart des éditos.

Initiative du docteur en physique Ahmed Bensaada, l’action a reçu un écho favorable parmi des Algériens au Maghreb, mais aussi en Europe et en Amérique du Nord, où vit également le pétitionnaire. Jugée « aberrante », cette « tentative unilatérale » de punir un des pays réputés de la littérature arabe est en contradiction avec le fait que les matchs continuent d’être joués, ont souligné les signataires.

On le sait, rares sont les occasions où le foot et le livre font réellement cause commune. Si c’est le cas cette fois, on repassera question bonne intelligence et partage de valeurs.