Le festival "Chalon dans la rue" va-t-il finir à la rue ?

Antoine Oury - 29.07.2015

Culture, Arts et Lettres - Théatre - Chalon dans la rue - festival - Chalon-sur-Saône


Bientôt Chalon dans la rue, au sens propre? Le festival, qui vient de s’achever après 5 jours et un millier de spectacles, est dans une situation critique. Si le directeur artistique de l’édition 2015 était confiant quant à la programmation, le Off et l’inauguration de « Chalon dans la rue » ont essuyé les plâtres. À présent, c’est l’avenir du festival qui semble dans la balance.

 

Chalon dans la rue

Chalon dans la rue, cru 2011 (Sylvain Naudin, CC BY-SA 2.0)

 

Les polémiques ont démarré avant même la 29e édition du Festival Transnational des Artistes de la Rue, Chalon dans la rue : la mairie a ainsi diminué de 25 % sa contribution au financement du festival, et a annulé l’inauguration pour économiser environ 7000 €, d'après les chiffres de l'administration. La mairie de Chalon reste malgré tout la première source de financement de Chalon dans la rue, avec 57 % des fonds versés.

 

Le maire Les Républicains de Chalon, Gilles Platret, a justifié ces mesures par la baisse des dotations de l’État, et prévient aussi quant à l’annulation du label CNAR (Centres Nationaux des Arts de la Rue) par le Ministère de la Culture. Celui-ci estime que les financements ne sont plus suffisants, et ce sont 370.000 € qui pourraient disparaître du budget, fixé cette année à 1,8 million €.

 

À ces difficultés budgétaires se sont ajoutées des tensions entre acteurs du festival et pouvoirs publics : le maire Gilles Platret a ainsi porté plainte contre deux artistes pour des posts Facebook qu’il estime diffamatoires et insultants à son encontre et à celle des habitants de Chalon. 

 

Un des deux artistes incriminés, Pascal Larderet, a publié une lettre ouverte à l’élu, dans laquelle il estime qu’il s’en prend directement à la liberté d’expression : « En France la Liberté d'expression est encore possible, elle est encadrée par des lois malgré les attaques multiples à son encontre assénées par toutes sortes d'extremistes de tout poils religieux ou politiques. Monsieur le Maire faites-vous parti de ces extrémistes pour attaquer ainsi la liberté d'expression? »

 

Lettre au Maire de Chalon sur Saone,Ridicule, ridicule et totalement infondé sont les qualificatifs employés par les 3...

Posted by Pascal Larderet on Monday, July 27, 2015

 

Le directeur du CNAR, Pedro Garcia, s’est rangé du côté du maire, et témoigne dans un communiqué de sa « totale désapprobation de ces pratiques ». « Je ne peux tolérer le déversement d’un torrent de haine et d’injures comme seuls arguments de défense d’un secteur en fragilité. Les auteurs et propagateurs de ces propos l’attaquent sous prétexte de le sauver alors qu’en agissant ainsi, ils sont les fossoyeurs de notre métier, de nos métiers », souligne-t-il.

 

Communiqué de Pedro Garcia, directeur du CNARCOMMUNIQUEA la suite de la publication sur plusieurs comptes Facebook...

Posted by L'Abattoir Cnar Chalon on Saturday, July 25, 2015

 

Dans sa lettre ouverte, Pascal Larderet semble déterminé à aller jusqu’au procès, et prévient même l’élu : « Je voudrais vous faire remarquer que votre page Facebook, au travers des commentaires de vos « amis », libère une parole raciste à l’égard des artistes, mais aussi du public, avec des assertions graves. » 

 

« Le maire a promis qu'il ne baisserait pas davantage [les financements] l'année prochaine », assure Pedro Garcia, histoire de tempérer. Mais la guerre semble bel et bien déclarée, même si le prochain enjeu sera avec le ministère de la Culture, avec lequel il faudra négocier. L'édition 2015 de « Chalons dans la rue », elle, a rassemblé quelque 200.000 visiteurs.

 

(via Télérama, CultureBox)