Le Man Booker Prize décerné à la Sud-Coréenne Han Kang et sa traductrice

Joséphine Leroy - 17.05.2016

Culture, Arts et Lettres - Récompenses - Han Kang Man Booker International - récompense traduction auteur - Man Booker Prize International


L’auteure de The Vegetarian (paru en France sous le titre La Végétarienne aux éditions Le Serpent à plumes, traduit du coréen par Jeong Eun-Jin et Jacques Batilliot) a remporté le Man Booker Prize International ce 16 mai 2016, en déjouant certainement quelques pronostics puisque le Nobel turc Orhan Pamuk figurait parmi la liste des nommés. Le roman met en scène une femme qui souhaite se métamorphoser en plante pour « se sauver du côté obscur de l’être humain ». 

 

(Page Facebook des éditions Le Serpent à plumes) 

 

 

Le prestigieux prix, créé en 2005, revient à des ouvrages étrangers traduits en anglais, publiés au Royaume-Uni. Auparavant organisé tous les deux ans, le prix devient annuel à partir de cette édition.

 

Lorsqu’elle a reçu son prix, Han Kang, 45 ans, a partagé son émotion, comme le retranscrit l’AFP : « Je suis très honorée. [...] À travers ce récit extrême, je sentais que je pouvais remettre en question le difficile questionnement de l’être humain », a-t-elle déclaré. Si, en Corée du Sud, Han Kang est une auteure bien connue, elle accédera grâce à ce prix à un lectorat international. Pour ce livre, le projet de l'auteure était d’explorer le sujet de « la violence humaine, et aussi poser la question de la dignité humaine ».  

 

Le mérite revient aussi à la traductrice, Deborah Smith, qui a commencé à apprendre le coréen seulement trois ans avant de choisir le métier de traductrice. Jusqu’à l’âge de 21 ans, la traductrice ignorait tout de la langue : « Je me suis sentie proche de la culture coréenne — sans même avoir rencontré de coréen tel que je m’en souviens —, mais j’ai voulu devenir traductrice parce que cela combine à la fois la lecture et l’écriture et aussi que je voulais apprendre une langue. »

 

Et d’ajouter : « Le coréen a été un choix étrangement évident, parce que c’est une langue qui n’est quasiment pas apprise dans les programmes scolaires ou dans la culture du pays », ajoute-t-elle. 

 

C’est la première fois que le Man Booker Prize est attribué à l’auteur, et la traductrice en même temps, tout comme c’est la première fois qu’il récompense un texte, et non toute l’œuvre d’un auteur. Han Kang et Deborah Smith vont se partager un chèque de 50.000 £ (63.500 €). La récompense est d’abord de l’ordre de la publicité internationale, les ventes se multipliant bien souvent après la remise de prix. 

 

Étaient nommés aux côtés de la Sud-Coréenne des auteurs tels que le Nobel turc Orhan Pamuk, l’auteure italienne Elena Ferrante, le chinois Yan Lianke et l’Autrichien Robert Seethaler, notamment. Le président du jury, Boyd Tokinle, a trouvé là un ouvrage « lyrique et déchirant ». L’année dernière, c’était l’auteur jamaïcain Marlon James qui avait été distingué pour A Brief History of Seven Killings qui paraîtra en septembre 2016 chez Albin Michel. 

 

Le second roman de Han Kang, Human Acts, a depuis été publié au Royaume-Uni. 

 

(via Whig