Le Man Booker Prize s'ouvre aux auteurs américains en 2014

Antoine Oury - 16.09.2013

Culture, Arts et Lettres - Récompenses - Man Booker Prize - auteurs américains - Jim Crace


Un peu comme si le Prix Goncourt s'ouvrait aux écrivains canadiens, belges ou africains : le Man Booker Prize, récompense britannique très prisée par les auteurs et éditeurs, accueillera désormais dans son palmarès les auteurs américains. La décision intervient pour donner plus d'audience au prix, tout en augmentant sa portée.

 


US & UK

jennifrog, CC BY 2.0

 

 

Jusqu'à présent, l'Angleterre, l'Irlande et les pays du Commonwealth étaient pris en compte pour le Man Booker Prize annuel : cela représente pas moins de 56 États, de l'Afrique du Sud à la Guyane, en passant par la Nouvelle-Zélande. À partir de l'année prochaine, la fameuse récompense étendra son spectre des potentiels lauréats aux États-Unis.

 

« Les organisateurs sont désormais persuadés qu'exclure les auteurs des États-Unis est anachronique » rapporte ainsi le Sunday Times, présentant le besoin d'une mondialisation médiatique du Prix. Face au Pulitzer, le plus fameux prix américain, le Man Booker Prize bénéficie, il est vrai, d'une exposition médiatique moindre.

 

Le Man Booker Prize, créé en 1969, est l'un des seuls prix littéraires britanniques à exclure les Américains (Folio Prize et Women's Prize regardent, eux, aussi outre-Atlantique). Il n'en est pas de même du côté des USA, où seul le National Book Critics Circle Award prend en compte les publications britanniques.

 

Du coup, des voix commencent à s'élever : certains réclament un geste similaire fait par les autorités littéraires américaines : National Book Award et Pulitzer pourraient ainsi lever les frontières. « Si vous ouvrez le Booker Prize aux gens qui écrivent en anglais, cela donnera un fantastique aperçu de la production anglophone, mais fera perdre beaucoup de pertinence au prix », déplore Jim Crace, un des auteurs nommés cette année. Beaucoup craignent une masse d'ouvrages beaucoup trop importante pour être traitée sérieusement par les jurés.