Le Man Booker International Prize récompensera les traducteurs

Antoine Oury - 08.07.2015

Culture, Arts et Lettres - Récompenses - Man Booker Prize - traduction - prix


Lorsqu'il a reçu le Man Booker International Prize en mai dernier, l'écrivain hongrois László Krasznahorkai a souhaité que 15.000 £, sur les 60.000 qu'il a reçus, soient distribués à deux des traducteurs de son oeuvre. Le geste du dernier lauréat en date semble avoir convaincu les organisateurs : désormais, les traducteurs seront directement pris en considération par le jury.

 

I've been working on a few comic translations lately...

(Sarah Joy, CC BY-SA 2.0)

 

 

L'acte de traduction était déjà au coeur du Man Booker International Prize, remis tous les deux ans à un auteur vivant pour des œuvres publiées en langue anglaise ou traduites en anglais, mais cela ne s'était pas encore concrétisé dans une distinction. Certes, le jury saluait volontiers la qualité des traductions, mais leurs auteurs restaient dans l'ombre, comme souvent lorsqu'il s'agit de traduction.

 

À partir de l'année prochaine, les règles du jeu sont donc modifiées : un livre, et non plus une oeuvre complète, sera récompensé, dès lors qu'il aura été traduit pour le marché britannique. « Une mauvaise traduction condamnera même le texte le mieux écrit, le plus créatif », a souligné Fiammetta Rocco, une des administratrices du prix. La dotation de 52.000 £, elle, sera partagée de manière équitable entre auteur et traducteur.

 

Auteur et traducteur sont un véritable duo, et il semblait donc naturel que le Man Booker Prize adopte cet état d'esprit dans les faits, poursuivent les administrateurs du prix. Les succès de Haruki Murakami ou Stieg Larsson doivent beaucoup au travail des traducteurs, qui a porté les textes à l'international. Umberto Eco remarquait d'ailleurs que « Le Nom de la Rose par Bill Weaver [son traducteur anglophone, NdR] est un meilleur livre que Le Nom de la Rose par Umberto Eco ».

 

Ce nouveau prix a par ailleurs absorbé l'Independent Foreign Fiction Prize, et les organisateurs du prix espèrent donner un coup de fouet aux traductions anglophones d'oeuvres étrangères

 

(via The Telegraph)