Le Marché de la Poésie, annulé par le “mutisme volontaire du préfet de police de Paris”

Antoine Oury - 13.10.2020

Culture, Arts et Lettres - Salons - marche poesie 2020 - prefet police paris - poetes foire


La 38e édition du Marché de la Poésie, prévue du 21 au 25 octobre prochain, n'aura finalement pas lieu. À quelques semaines de l'événement, les organisateurs ont été obligés de renoncer, malgré une assurance de respecter les gestes barrières et toutes les mesures sanitaires. Vincent Gimeno-Pons, délégué général du Marché de la Poésie, met en cause le « mutisme volontaire du préfet de police de Paris ».

Marché de la poésie 2018


La 38e édition du Marché de la Poésie, qui devait se dérouler « pour le livre et la lecture » et garantir aux poètes, éditeurs de livres et de revues un peu de visibilité, n'aura finalement pas lieu en 2020. Le 9 octobre dernier, les organisateurs annoncent l'annulation de la manifestation, prévue du 21 au 25 octobre prochain. Cette 38e édition avait déjà été reportée, puisqu'elle devait à l'origine prendre place entre le 10 et le 14 juin 2020.

Comme chaque année, le Marché de la Poésie était accueilli par la Foire Saint-Sulpice, structure qui accueille les salons sur la place homonyme, dans le 6e arrondissement de Paris. Marchés de la céramique, de la photographie, de la bibliophilie ou encore des antiquaires mutualisent leurs moyens, pour mieux investir cette place parisienne.

Or, la Foire Saint-Sulpice a fermé ses portes, faute d'instructions claires du préfet de police de Paris, indique Vincent Gimeno-Pons, délégué général du Marché de la Poésie. « La Foire ne pouvait maintenir les stands pendant 15 jours sans certitude de pouvoir ouvrir les marchés. Il s'agit d'une économie très fragile », souligne-t-il. Quelques-uns des marchés de la Foire, comme ceux du livre et papiers anciens ou de la céramique ont pu se dérouler ces dernières semaines, mais les nouvelles mesures sanitaires en vigueur dans la capitale ont rendu l'organisation d'événements incertaine.

Pour autant, Vincent Gimeno-Pons déplore l'absence de réponse de la préfecture de police de Paris, un « mutisme volontaire », selon lui, « pour ne pas assumer la responsabilité de la fermeture de la Foire ». Selon l'avocat de la Foire Saint-Sulpice, « aucune réponse ne sera donnée par la préfecture ». Nous avons tenté de joindre cette dernière, sans succès.

D'après le délégué général du Marché de la Poésie, le respect des gestes barrières, le maintien d'une jauge de 1000 personnes sur le site ou encore les masques obligatoires auraient pu permettre d'organiser sereinement la manifestation.
 

Un autre événement en fin d'année ?


Pour les auteurs et les éditeurs de poésie ou de revues littéraires, l'annulation du Marché de la Poésie vient rendre un peu plus difficile une année 2020 déjà terne. « Les trois quarts des éditeurs qui sont présents au Marché ont peu de visibilité en librairie et dans la chaine du livre en général. 400 nouveautés paraissent au moment du Marché de la Poésie, ce qui souligne son importance dans ce domaine. »

Après plusieurs annulations successives, Vincent Gimeno-Pons ne cache pas son désarroi. « Nous sommes ravis que Roland-Garros puisse avoir lieu, que les marchés alimentaires soient maintenus, mais nous avons l'impression que la culture passe après, et que le Marché de la Poésie, pour certains, ce n'est pas important. » 

Il déplore par ailleurs l'attitude de la direction de l'attractivité de la Ville de Paris, qui, « plutôt qu'aider la Foire Saint-Sulpice à mettre en œuvre les mesures sanitaires, a multiplié les tentatives pour déstabiliser ses activités, en anticipant bien avant les directives de la préfecture ». Nous avons tenté de joindre la municipalité, sans succès.
 
Une lettre ouverte a été envoyée ce 13 octobre à Roselyne Bachelot-Narquin, ministre de la Culture : « Nous espérons qu'elle puisse faire comprendre que des décisions prises à la légère ont des conséquences sur les éditeurs de livres et de revues », souligne Vincent Gimeno-Pons.

Si le Marché de la Poésie a maintenu ses événements « en périphérie », qui « se déroulent très bien » selon le délégué général, l'incertitude reste de mise. Un événement pourrait avoir lieu au moment des fêtes de fin d'année, peut-être en partenariat avec le Salon de la revue, annulé également. Quant au Marché de la Poésie 2021, en juin prochain, « personne ne peut dire ce qu'il en sera »...

Photographie : le Marché de la Poésie 2018 (ActuaLitté, CC BY SA 2.0)


Commentaires
Peut-être qu'un sursaut de bon sens et un soupçon de responsabilité personnelle auraient permis à ce Calimero de prendre de lui-même les mesures qui, au vu de la situation, s'imposaient ! Mais non, on larmoie, on crie au complotisme, on fait parler un avocat (bigre, ils ont les moyens !)on suggère l'alliance de la préfecture de police (de tradition,les méchants, de surcroît pleutres) avec les services de la Ville de Paris (qu'on aurait bien voulu voir sur ce coût du côté des gentils, avec l'indignation en étendard !). Car que diable les poètes ne sont ni des veaux, ni des moutons, mais seul en la matière le Salon de l'agriculture (dont certes on déplore qu'il ne se tienne place Saint Sulpice, sous l'oeil égrillard de Fénelon et de Bossuet, de Fléchier et de Massillon)prendra la responsabilité d'annuler son opus 2021. Messieurs, encore un effort pour être de grands garçons !
Certes, mais...



Les organisateurs avaient adapté leur concept pour rentrer dans ce qui était (en tout cas il y a très peu de temps) autorisé (contrairement à des très grosses manifestations, comme le salon de l'agriculture, pour lesquelles cela serait de toute façon impossible). De plus, le délai n'est pas exactement le même : moins de deux semaines pour le marché de la poésie, plusieurs mois pour le salon de l’agriculture. Vous comparez donc des choses peu comparables il me semble.



À partir de là, on rappellera que la préfecture de police est responsable (sauf erreur de ma part) d'autoriser les manifestations. Cela lui donne aussi un rôle d'information. Étant chargée de l'application des règles régissant les manifestations, une partie de sa tâche consiste à répondre aux questions des organisateurs desdites manifestations, ce qu'elle n'a ici pas fait.

Vous reprochez un manque de responsabilité aux organisateurs du marché du livre mais pas à la préfecture de police. Pourtant, vous reprochez à l'auteur de l'article un forme de partialité...
nous ne sommes ni des Calimeros, ni des moutons et nous méprisons les méprisants.

Ne soyez pas naïf

"Les maitres ont encore une âme de valets", Agrippa d'Aubigné
Tous simplement scandaleux !

Bon courage à vous.

J
Juste une petite précision : j'avais commis une erreur "les maîtres ont encore une âme de valets", c'est du Baumarchais
LOL

Flatté de voir cette photo de mon stand lors du Marché 2019, rassurez-vous trois minutes plus tard deux lecteurs attentifs feuilletaient mes livrets, et nos parlions de leurs auteurs avec qui se noue une relation (littéraire-contemporaine-poétique + amicale).

Les vastes allées, la situation plein-air nous aurait permis de respecter les consignes dîtes "Marché"... Pour moi, pour nous éditeurs à compte d'éditeurs défendants cette libre pensée de genres typographiques et grammaticale qu'est la POÉSIE la perte est énorme, chiffrée en centaines d'euros j'y ajoute les relations complices. Le MLDP est notre événement primordial annuel. La réponse "couperet" administrative me déçoit beaucoup.

Vincent Rougier - ficelle
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