Le Musée des Lettres et Manuscrits s'ouvre à Bruxelles

Clément Solym - 27.06.2011

Culture, Arts et Lettres - Salons - bruxelles - musee - lettres


Gérard Lhéritier, président du Musée des Lettres et manuscrits vient d'annoncer qu'en septembre prochain, s'ouvrirait un second établissement, digne successeur de celui lancé à Paris en 2004, rue de Nestle, et depuis sis rue Saint-Germain.

Un nouvel établissement, certes, mais avec la même vocation que son grand frère : offrir à tous, et pour tous, un regard sur des manuscrits inédits, avec une ouverture en fanfare sur Georges Simenon.

« Dans ce lieu entièrement conçu pour la mise en valeur du patrimoine de l’écrit, nous présenterons quelques-uns des 80 000 manuscrits que nous nous enorgueillissons de mettre à disposition du public belge et international, tant il est vrai que l’amour de l’écrit ne connaît pas de frontières », explique-t-il.


Après avoir choisi Bruxelles comme une évidente destination, c'est en plein Îlot Sacré qu'il a été décidé d'ouvrir le musée, non loin du Mont des Arts. Et dès le 23 septembre, le Musée ouvrira ses portes dans une « ancienne boutique de luxe intégralement réaménagée, à l’angle de la rue des Bouchers et de la Galerie du Roi ».

Littérature, musique, arts, science et histoire, sur deux niveaux, avec également des autographes et des dessins. Le rythme des expositions temporaires sera de trois à quatre par an, en parallèle de l'exposition permanente.

Devoir de mémoire dans la conservation de l'écrit

Le professeur émérite Mark Eyskens, également ministre d'État, a accepté de devenir le parrain de ce nouveau lieu de livres.

« Les historiens de l’histoire universelle considèrent l’invention de l’écriture comme le déclenchement de la civilisation humaine. Mais depuis six mille ans, beaucoup de choses se sont passées. L’imprimerie, développée par Johannes Gutenberg au XVe siècle, donna un formidable impact à la diffusion des idées et des écrits de l’homme.

Les splendides incunables devinrent des objets de collection. Aujourd’hui, grâce aux fabuleuses découvertes de la science et des technologies nous assistons à un bouleversement fondamental en ce qui concerne la communication et l’information interindividuelle. La digitalisation conquiert le monde. Rares sont les lettres encore manuscrites et les auteurs font appel à l’écran de leur ordinateur plutôt que de se confier à la déconcertante page blanche.

Conserver les écrits devient un devoir de mémoire urgent de notre société afin qu’elle puisse porter témoignage et transmettre un message pour l’avenir de notre société. Un manuscrit révèle l’ADN spirituel de l’auteur et un musée qui s’y consacre constitue une espèce de génome intellectuel salutairement tentaculaire, capable d’ériger les générations futures en héritières d’un passé à transmettre comme un flambeau inextinguible.

Mohamed n’avait probablement pas tort quand il dit : « L’encre du savant est aussi précieuse que le sang du martyr
»."

Crédit photo

Lettre autographe signée de Francis Picabia, adressée à

Christine Boumeester, datant de l’hiver 1947.