Le nouveau Road Trip poétique et théâtral de Philippe Ducros

Maxim Simonienko - 06.12.2018

Culture, Arts et Lettres - Théatre - philippe ducros théâtre - autochtone québec voyage - dépossession exclusion colonisation


Lauréat du prix Spectacle de l'année 2009-2010 avec son Affiche, Philippe Ducros est de retour pour une nouvelle création théâtrale et vidéographique : La cartomancie du territoire. Le dramaturge a séjourné dans plus d’une trentaine de pays d’Amérique latine, d’Europe, d’Afrique et d’Asie. Très personnelle, sa démarche est ancrée dans ses pèlerinages. Il a fondé sa propre compagnie, les productions Hôtel-Motel, en l'an 2000.

 
Rencontre avec Philippe Ducros et les artistes pour sa pièce Dehors (Bull-Doser - CC BY SA 2.0)


Hiver 2015 : Philippe Ducros prend la décision de sillonner le territoire des 11 nations du Québec. Il était certain qu'avec le dialogue, il comprendrait la marginalisation qu'ont subie les Premières Nations. L'auteur voulait comprendre « ce qui se pass[ait] derrière le paysage de notre modernité, derrière ces pipelines qu’on [voulait] greffer à ses veines, ce pétrole qu’on s’inject[ait] et cette mémoire qu’on coup[ait] à blanc ».

De ces voyages et de ces échanges est née La cartomancie du territoire, une création théâtrale et vidéographique sur notre rapport aux réserves autochtones et aux réserves naturelles, sur la colonisation du territoire et de la pensée.

Cette œuvre va à la rencontre de ces communautés qu’on ignore, mais qui sont les descendants du sol sur lequel vivent une grande majorité d'Américains. Ceux qu’on appelait « sauvages », ceux qu’on kidnappait vers les pensionnats, vivent aujourd'hui désormais dans l'ombre. À travers leurs réalités et leur histoire, le texte fait voir comment ils ont survécu, comment ils se décolonisent, comment ils réinventent des paradigmes à notre modernité.

Un petit extrait vaut peut-être toutes les explications du monde :
 

Il faut rouvrir le lien avec l’infini. Avec l’immense. Réapprendre à parler avec les ancêtres. Réapprendre à parler au passé, à écouter les rêves.


La mise en scène mêlera chants traditionnels, musique, vidéo, et trois langues : le français de l’auteur, l’innu, une langue arrachée mais porteuse de guérison et de dignité pour les autochtones, et l’anglais, qui isole les Mi’gmaqs en ces territoires canadiens et rappelle la lutte pour la préservation du français au Québec. La représentation promet d'être un poème visuel, évoquant la dépossession, l’exclusion et la colonisation du territoire et de la pensée d'autrui.
 
La pièce se déroulera du 11 au 16 décembre 2018, à la Maison des Métallos, au 94 Rue Jean-Pierre Timbaud, 75011 Paris. Une rencontre est prévue avec la troupe après la première représentation. 

Le texte est publié chez Atelier 10, dans leur collection Pièces.
 

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