Le politique et l'édition : parcours de Jean-Marc Ayrault au Salon du Livre

Antoine Oury - 20.03.2014

Culture, Arts et Lettres - Salons - Jean-Marc Ayrault - Aurélie Filippetti - Salon du Livre


Les inaugurations du Salon du Livre de Paris réservent toujours au journaliste une dose de sport quotidienne, et peut-être même mensuelle. Pendant 30 minutes, il s'agit de coller aux semelles d'un responsable, tout en se tenant éloignés des bras musculeux des services de sécurité. Un exercice obligé, pire que les séances d'EPS du lycée, et au moins tout aussi utile.

 


Jean-Marc Ayrault

Jean-Marc Ayrault (ActuaLitté, CC BY-SA 2.0)

 

 

Une fois le discours d'inauguration terminé, le trajet balisé du Premier ministre pouvait commencer. Papillonnant de stand d'éditeurs en stand d'éditeurs, Jean-Marc Ayrault aura eu un aperçu de ce que l'édition française peut offrir : Kawa, les éditions del'Aube, Actes Sud, les Éditions des Femmes, ou encore les éditions Stock ont eu l'honneur d'une visite.

 

Sollicité par le Bureau des Recherches Géologiques et Minières, le Premier ministre repartira avec un des ouvrages de la maison, sans que le sujet du gaz de schiste ne soit évoqué...

 

Sur le stand de Belin, le Premier ministre s'est arrêté plus longuement, testant sur un ordinateur des publications numériques ou échangeant quelques mots avec la fille de Jean Zay. Les éditions Eyrolles, Héloîse d'Ormesson ou Christian Bourgois ont également pu accueillir le Premier ministre.

 

 

Jean-Marc Ayrault et Arnaud Nourry

Jean-Marc Ayrault et Arnaud Nourry, PDG d'Hachette Livre et de Lagardère Publishing

(ActuaLitté, CC BY-SA 2.0)

 

 

Le Premier ministre a évidemment rencontré les grands noms de l'industrie de l'édition, de Arnaud Nourry, PDG de Hachette Livres et Lagardère Publishing, à Alain Kouck, PDG du groupe Editis, en passant par Teresa Cremisi (holding Madrigall) ou Louis Delas, de L'école des loisirs.

 

De passage aux abords du stand de la SCAM, le Premier ministre s'est également entretenu pendant quelques minutes avec Hervé Rony, directeur général de la société de perception et de répartition de droits d'auteur. « Nous lui avons fait part très rapidement des préoccupations des auteurs, et surtout l'avons interpellé sur l'adoption du contrat d'édition numérique que nous avons négocié avec le SNE, pour qu'il soit transposé dans le Code de la Propriété Intellectuelle. On espère que le retard pris ne sera pas trop important », souligne Hervé Rony.

 

 

Jean-Marc Ayrault et Alain Kouck

Jean-Marc Ayrault et Alain Kouck (Editis) (ActuaLitté, CC BY-SA 2.0)

 

 

D'autant plus que ce retard n'est du qu'à une erreur de la rue de Valois, qui a omis de notifier la Commission européenne quant à la loi Amazon, à laquelle est attaché le contrat d'édition numérique : celle-ci se trouve donc retardée de plusieurs mois, et le contrat avec, le temps que le processus auprès de la CE soit fait. Dans le cas contraire, tout contrevenant pourrait prétendre que la loi est nulle et non avenue, en l'absence de validation de la CE...

 

Jean-Marc Ayrault, en tout cas, est sans aucun doute au courant du sujet, à présent : tout au long de sa visite, les éditeurs qu'ils rencontraient n'ont eu de cesse d'évoquer cette question avec Aurélie Filippetti, qui accompagnait le Premier ministre. Tous les acteurs de l'industrie, aussi bien éditeurs que auteurs, semblent attendre beaucoup de cet accord, et craignent qu'un retard ne le rende obsolète. 

 

Hervé Rony a également interpellé le Premier ministre sur les revenus des auteurs, évoqués il y a peu au cours d'une conférence, « Les auteurs bientôt tous à poil ? ».

 

Le Premier ministre a terminé sa visite sur le stand du Centre National du Livre, où il a notamment rencontré Vincent Monadé (Président du CNL), Matthieu de Montchalin (Syndicat de la Librairie Française), mais aussi s'entretenir avec Vincent Montagne (Président du SNE).