Le prix Apollinaire attribué à Valérie Rouzeau, pour Vrouz

Clément Solym - 15.10.2012

Culture, Arts et Lettres - Récompenses - Valérie Rouzeau - Vrouz - poésie


C'est le livre de Valérie Rouzeau, Vrouz, qui a donc été récompensé par le prix Apollinaire 2012. Ce ‘Goncourt de la poésie', a fêté ses 70 ans l'an passé et compte dans son jury Francis Carco, Hervé Bazin, Robert Sabatier ou Tahar Ben Jelloun.

 

Avec Vrouz, l'auteure signe un recueil orienté sur une forme ancienne, le sonnet, mais avec une versification terriblement libre. Avec des textes originaux, parfois d'un lyrisme triste

Ma quarantaine sans amour sauf 

Ses poignées qui ne fondent pas 

 

ou résolument ancrés dans une expression moderne

Pendant qu'elle digitale envoie textos 

Ses orteils dansent nus vernis vernis nus 

Sous son trône d'un moment siège de tram 

Elle pianote joliment ses jtm. 

 

« La Table Ronde est très fière que le prestigieux prix Apollinaire, considéré comme le "Goncourt de la poésie", soit attribué à Valérie Rouzeau pour Vrouz, son recueil paru en mars. Il lui sera remis samedi 20 octobre », commente la maison d'édition.

 

Le prix est doté de 12500 à 3500 €, il a été baptisé Goncourt, parce que remis depuis 1975 chez Drouant, le restaurant de ces messieurs du Goncourt, justement. 

 

Sur le livre, Antoine Emaz écrivait : « Et la forme du « sonnet » se prête bien à la saisie de scènes brèves du quotidien ; bon nombre de poèmes ont un aspect polaroïd, saisie d'un moment particulier. Ce peut être une scène de voyage ou de rue, une brève rencontre, un événement aussi banal que changer de matelas ou se faire à manger… Mais tout cet « anodin », s'il est évoqué le plus souvent avec humour, révèle surtout la fatigue de vivre, la difficulté d'être qui est au fond de la poésie de Rouzeau. » (voir Poezibao)