Prix du livre Inter 2015 : Valérie Zenatti

Cécile Mazin - 08.06.2015

Culture, Arts et Lettres - Récompenses - prix littéraire - livre inter


Sous la haute présidence de Jean-Christophe Ruffin, la 41e édition du prix du Livre Inter a dévoilé à l’antenne son lauréat. Et c’est le livre de Valérie Zenatti, Jacob Jacob qui l’a emporté. Trois tours pour le scrutin auront été nécessaires. Un second prix en quelques semaines pour la romancière qui avait remporté le Prix des libraires en Seine.

 

Valérie Zenatti Jacob Jacob

 

 

Plus de 3800 candidats, et « des débats passionnés et très productifs » annonce JC Ruffin. « Pas compliqués, simplement passionnés » ces échanges entre lecteurs non professionnels, « le président n’a qu’un rôle de modérateur », explique-t-il modestement. « Je ressens une joie immense, et une certaine incrédulité », explique la romancière, elle qui reconnaît, le matin, écouter la matinale France Inter plutôt que d’y être invitée. « Le livre est servi par une force d’évocation, des personnages, et des lieux [...] très poétiques [...] avec une langue très accessible », insiste le président.

 

1945. Jacob, un jeune Juif de Constantine, est enrôlé pour libérer la France. Grièvement blessé lors d’une attaque en Alsace, il meurt quelques semaines plus tard, le 20 janvier 1945. Il avait dix-neuf ans. 

 

 

Ce roman raconte « sa » guerre, mais aussi le tour des casernes algériennes entrepris par Rachel (la mère) inquiète pour ce « petit dernier » dont elle est sans nouvelles, l’attente des siens, leur quotidien loin du front, entre deux langues (le français et l’arabe) et deux cultures (juive et musulmane), et la façon dont la courte vie de Jacob résonne en chacun. Tous ignorent alors que l’accélération de l’Histoire va bientôt entraîner leur propre déracinement. Les attentats se multiplient, la guerre se répand sur le sol algérien, et l’assassinat du Cheikh Raymond en juin 1962, un chanteur de Malouf, oblige la famille à s’exiler malgré elle dans le pays où Jacob a trouvé la mort.

 

Depuis 1999, Valérie Zenatti écrit des romans, notamment pour la jeunesse, et traduit en français l’œuvre de l’écrivain israélien Aharon Appelfeld. Son style lumineux témoigne d’une grande attention au monde et d’une profonde humanité. Une bouteille dans la mer de Gaza, paru en 2005, lui a valu une dizaine de prix et a été traduit dans une quinzaine de langues. Il a été adapté par elle-même et le réalisateur Thierry Binisti pour le cinéma en 2012. 

 

Retrouver l'incipit de Jacob Jacob

 

À L’Olivier, elle a publié En retard pour la guerre (2006), Les âmes sœurs (2010), Mensonges (2011) et Jacob, Jacob (2014). Dernière parution, Les partisans de Aharon Appelfeld (2015). 


Pour approfondir

Editeur : L'olivier
Genre : litterature...
Total pages :
Traducteur :
ISBN : 9782823601657

Jacob, Jacob

de Valérie Zenatti

« Le goût du citron glacé envahit le palais de Jacob, affole la mémoire nichée dans ses papilles, il s’interroge encore, comment les autres font-ils pour dormir. Lui n’y arrive pas, malgré l’entraînement qui fait exploser sa poitrine trop pleine d’un air brûlant qu’elle ne parvient pas à réguler, déchire ses muscles raides, rétifs à la perspective de se tendre encore et se tendant quand même. » Jacob, un jeune Juif de Constantine, est enrôlé en juin 1944 pour libérer la France. De sa guerre, les siens ignorent tout. Ces gens très modestes, pauvres et frustes, attendent avec impatience le retour de celui qui est leur fierté, un valeureux. Ils ignorent aussi que l’accélération de l’Histoire ne va pas tarder à entraîner leur propre déracinement. L’écriture lumineuse de Valérie Zenatti, sa vitalité, son empathie pour ses personnages, donnent à ce roman une densité et une force particulières.

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