Le Prix Orange très contesté, et accusé de sexisme

Clément Solym - 19.03.2008

Culture, Arts et Lettres - Récompenses - prix - Orange - contestation


Chimamanda Ngosi Adichie (lauréate 2007)
Orange n'est pas qu'un fournisseur d'accès à Internet, loin de là. C'est aussi et avant tout l'organisateur d'un prix littéraire, le Orange Broadband Prize for fiction, ou Prix Orange Haut-Débit de Fiction. Et cette année, la récompense est agitée de quelques spasmes peu appréciables.

Et tout semble parti d'une auteure, A.S. Byatt, qui considère ce prix comme sexiste et a interdit à son éditeur de présenter ses livres pour examen du jury. Et dans les faits, ce prix s'adresse de fait uniquement aux femmes : « Il n'a jamais été nécessaire », ajoute Byatt. Et elle est suivie. John Sutherland, universitaire explique également que ghettoiser ainsi les auteures leur fait « plus de mal que de bien ».

Pour Harriet Hastings, directrice du projet, hausse simplement les épaules, balayant ces remarques d'un battement de cil : « Bien que de nombreux grands prix aient été remportés par des femmes, la valeur du Prix Orange est de célébrer les ouvrages de fiction des femmes. » Et si un tel prix existait pour les hommes, elle s'en réjouirait tout autant.

Par ailleurs, le prix dotera la lauréate de 60.000 $, sans considération de nationalité, et à la seule condition qu'elle ait écrit en anglais. Depuis son lancement en 1996, ce prix est passablement controversé et subit des attaques régulières. Alain de Booton dit à l'époque : « Quelle est l'importance de la différence entre être une femme ou un homme quand il s'agit de prendre un stylo ? »

Les candidates ayant été annoncées hier (la liste se trouve à cette adresse)  il semblait donc normal que le tollé démarre.