Le programme “De l’écriture à la promotion” s'achève pour les auteurs

Cécile Mazin - 22.09.2017

Culture, Arts et Lettres - Salons - Suisse jeunes auteurs - programme écriture promotion - Sion festival livre


La première édition du programme de soutien à la relève littéraire romande « De l’écriture à la promotion » lancé par le Salon du livre de Genève se clôt demain samedi lors du Festival du livre suisse à Sion. Les dix jeunes auteurs livrent des textes inédits pour raconter leur découverte du métier.




 

Après quatre éditions du Projet de mentorat littéraire Parrains & Poulains, qui a réuni chaque année entre 2013 et 2016 cinq paires formées d’un auteur romand en début de parcours et d’un auteur romand expérimenté, la Fondation pour l’Écrit lançait l’hiver dernier un programme inédit, original et unique en Suisse à destination des jeunes auteurs romands intitulé « De l’écriture à la promotion ».
 

Partant du constat que les auteurs se lançant dans l’écriture et la carrière d’écrivain en Suisse romande manquaient de moyens et d’outils leur permettant de mieux connaître les enjeux, les ressorts, les subtilités et le fonctionnement de ce métier exigeant et complexe, le Salon du livre a formé, suite à un appel à candidatures et une sélection, un groupe de dix jeunes auteurs romands, qui se sont vu proposer six soirées de rencontres et de discussions approfondies avec les représentants des divers maillons de la chaîne du livre.

Une occasion également pour eux de découvrir des lieux dédiés à l’écrit : la Société de lecture de Genève, la Librairie de l’Olivier, le Salon du livre de Genève, le Livre sur les Quais ou encore la Librairie HumuS.
 

Ainsi, entre mars et septembre 2017, le groupe des jeunes auteurs composé de Tiffany Jaquet, Déborah Pérez, Céline Zufferey, Cécile Racine, Céline Clivaz, Jeremy Ergas, Filippo Della Croce, Thomas Flahaut, Bastien Baumgartner et Auguste Cheval, a pu rencontrer les éditrices Caroline Coutau (Zoé) et Sophie Rossier (Favre) ; Philippe Duvanel (directeur artistique de BD’Delémont), l’auteure Mélanie Chapuis et Fabienne Althaus Humerose (directrice du Roman des Romans) lors d’un débat autour de la médiation culturelle ; les libraires Véronique Overney (La Fontaine) et Christophe Jacquier (Payot Rive Gauche) et la directrice d’Interforum Josée Cattin ; l’attachée de presse Myriam Salama (Grasset) et la critique littéraire Lisbeth Koutchoumoff (Le Temps) ; l’agent David Camus et l’éditeur Henri Bovet (Slatkine & Compagnie).
 

Festival du livre suisse 2017, les écrivains voyageurs feront escale à Sion


Samedi 23 septembre à Sion, dans le cadre du Festival du livre suisse, organisé par la Fondation pour l’Écrit et la médiathèque Valais — Sion, les dix jeunes auteurs rencontrent enfin six de leurs pairs, soit les écrivains Pascale Kramer, Aude Seigne, Xochitl Borel, Metin Arditi, Jérôme Meizoz et Joseph Incardona.
 

Chacun des auteurs ayant participé au programme livre un texte inédit sur ces rencontres exprimant sa vision des impératifs du métier d’écrivain dans son rapport à la chaîne du livre. Ainsi, Céline Zufferey explique que pour elle « être écrivain c’est s’engager en écriture. Je pourrais ne pas écrire, dès lors je ne dois pas écrire pour rien, je ne dois pas prendre ça à la légère. Je n’ai besoin de rien pour écrire, du papier et un crayon, ce que je crée ne dépend de personne, c’est cette indépendance qui me permet de ne pas faire de concession : l’écriture est le seul espace de ma vie où je refuse tout compromis, je peux aller jusqu’au bout, car l’écriture n’implique que moi-même. »
 

Cécile Racine admet que « … si écrire me fait peur et que je n’ai rien trouvé de vraiment mieux ailleurs, alors il faut écrire, mais avec une grosse carapace en cas de pépin. Par exemple une vague idée de la sauce à laquelle je vais être mangée, de maillon en maillon de cette fameuse chaîne du livre à laquelle je suis de toute façon attachée pour longtemps et qu’il s’agit simplement de comprendre. »
 


Philippo Della Croce estime que « pendant ces rendez-vous, j’ai appris que l’on doit faire preuve d’un autre type de créativité pour exposer son livre. L’auteur doit également se mettre en scène à travers des rencontres littéraires, sa participation aux salons et son interaction avec la presse. Il doit se transformer en entrepreneur et abandonner le confort de la plume pour se risquer à parler. Ce n’est pas un exercice inné, d’ailleurs, c’est bien pour ça que l’on chérit l’écriture. »
 

La voie de la médiation : éveiller la curiosité pour inciter à lire


Et à Bastien Baumgartner de conclure : « Chaque séance était un véritable plaisir ! Et ce bien sûr, c’est sans compter les délicieux repas souvent exotiques auxquels nous avions droit pour ponctuer nos rencontres. Cela m’aura finalement beaucoup conforté dans ma volonté de publication. Et de plus, partie en voyage d’agrément un certain temps, mon envie d’écrire est revenue sans me prévenir lors de ces régulières sessions littéraires. »