Le Projet Gutenberg orphelin de son créateur, Michael Hart

Clément Solym - 08.09.2011

Culture, Arts et Lettres - Récompenses - projet - gutenberg - michael


Son nom est devenu indissociable de cette immense réalisation que représente le Projet Gutenberg. Michael Hart est décédé à l'âge de 64 ans, ce 6 septembre.

Plus de quatre siècles après l'invention de Gutenberg, Michael Hart a révolutionné en 1971 l'accès au savoir et aux livres, en permettant à chacun de disposer d'une bibliothèque numérique gratuite.

Alors étudiant à l’Université de l'Illinois (États-Unis), Michael Hart se voit attribuer quelques millions de dollars de «temps machine» dans le laboratoire informatique (Materials Research Lab) de son université.

Le 4 juillet 1971, jour de la fête nationale, il saisit «The United States Declaration of Independence» (La Déclaration de l’indépendance des États-Unis, signée le 4 juillet 1776) sur le clavier de son ordinateur. En caractères majuscules, puisque les caractères minuscules n’existent pas encore. Le texte électronique représente 5 ko (kilo-octets). Mais l’envoi d’un fichier de 5 ko à la centaine de personnes que représente le réseau de l’époque aurait fait imploser celui-ci, la bande passante étant infime. Michael diffuse donc un message indiquant où le texte est stocké - sans lien hypertexte toutefois, puisque le web ne voit le jour que vingt ans après - suite à quoi le fichier est téléchargé par six personnes.

Dans la foulée, Michael décide de consacrer ce crédit temps de quelques millions de dollars à la recherche d’oeuvres littéraires disponibles en bibliothèque, à la numérisation de celles-ci et au stockage des textes électroniques.

Peu après, Michael définit la mission du Projet Gutenberg, à savoir mettre à la disposition de tous, par voie électronique, le plus grand nombre possible d’oeuvres littéraires. Ce projet trouve un rayonnement international avec l’apparition du web en 1990, ce qui facilite la circulation des textes électroniques et les échanges avec les volontaires.


Michael explique plus tard, en août 1998 : « Nous considérons le texte électronique comme un nouveau médium, sans véritable relation avec le papier. Le seul point commun est que nous diffusons les mêmes oeuvres, mais je ne vois pas comment le papier peut concurrencer le texte électronique une fois que les gens y sont habitués, particulièrement dans les établissements d'enseignement. » (Entretien du NEF)

À retrouver dans notre reportage : Histoire du livre numérique Le Projet Gutenberg, un projet visionnaire