La robe de miel de Jean-Philippe Toussaint exposée à Bruxelles

Claire Darfeuille - 27.08.2015

Culture, Arts et Lettres - Expositions - Jean-Philippe Toussaint - Belgique - Marie de Montalte


La scène inaugurale du roman « Nue » de Jean-Philippe Toussaint est à découvrir en vidéo au BoZar, Palais des Beaux-Arts de Bruxelles jusqu’au 13 septembre 2015. Tourné par l’auteur lors d’un séjour en Chine, le film reconstitue la fascinante scène du défilé de mode qui ouvre le roman paru en 2013, dernier de la tétralogie initiée avec "Faire l'amour" en 2002. Le court métrage d'une dizaine de minutes est projeté en avant-première dans le cadre de l’exposition Les Belges, une histoire de mode inattendue.

 

 

Une robe de miel suivie d'une nuée d'abeilles

 

Tous les moyens nécessaires pour reconstituer cette étonnante performance ont été mis à disposition de l'auteur belge par l’éditeur et artiste chinois Chen Tong, fondateur de la librairie et de l'institut d’art contemporain Borges à Canton. Comme dans le roman, le mannequin est une jeune Russe « qu’il ne fut pas aisée de trouver sur place », explique l’auteur qui a lui-même réglé sa prestation « chère, mais excellente », et surtout hautement périlleuse puisque la robe de miel dont est vêtue la jeune femme est suivie d’un essaim d’abeilles…

 

Avec la robe en miel, Marie inventait la robe sans attaches, qui tenait toute seule sur le corps du modèle, une robe en lévitation, légère, fluide, fondante, lentement liquide et sirupeuse, en apesanteur dans l’espace et au plus près du corps du modèle, puisque le corps du modèle était la robe elle-même.

 

Le court-métrage The Honey Dress présenté au BoZar est accompagné d’un guide littéraire du visiteur rédigé par Jean-Philippe Toussaint. Le fascicule Les Saisons rassemble des portraits littéraires inspirés de créations de stylistes belges de renom, tels que Ann Demeulemeester, Martin Margiela ou encore Raf Simons. Le personnage principal du cycle romanesque, la créatrice de mode Marie Madeleine Marguerite de Montalte, se glisse parmi eux, brisant la frontière si ténue entre réalité et fiction.

 

Chen Tong et Jean-Philippe Toussaint se sont rencontrés lors d’un des ateliers que mène régulièrement l’écrivain avec ses traducteurs au Collège européen des traducteurs littéraires de Seneffe, près de Bruxelles. Convié par Chen Tong à venir en Chine, l’auteur qui séjourne fréquemment à l’étranger, notamment au Japon où ses livres sont des best-sellers, avait accepté l'invitation de son hôte à la seule condition de « rester longtemps ». Ce premier séjour de deux mois a depuis été suivi de nombreux autres. Les deux artistes ont ainsi co-écrit la postface de "Fuir", paru en 2009, une conversation entre eux "Ecrire c'est fuir".

 

L’institut d'art contemporain dirigé par Chen Tong a de son côté accueilli une exposition consacrée à l’œuvre de l'écrivain. La façade de l’établissement garde la trace et la mémoire de l’événement, comme l'atteste la photo ci-dessous extraite du site de Jean-Philippe Toussaint.

 

La façade du centre Borges de Chen Tong à Canton 

 

BoZar, musée des Beaux-Arts de Bruxelles, exposition Les Belges, une histoire de mode jusqu'au 13 septembre,

Honey Dress et Les Saisons