Le Salon du livre de Paris déplore "le boycott et le bashing" de BibliDoc

Nicolas Gary - 19.02.2015

Culture, Arts et Lettres - Salons - Bertrand Morisset - bibliothécaires Congrès - formation coût


Fin de partie : le Congrès BibliDoc que préparait le Salon du livre de Paris n'aura pas lieu. Prévu sur quatre jours, il aurait dû réunir près de 25 rencontres, autant de formations dont les organisateurs ne peuvent que déplorer qu'elles n'aboutissent pas. « Notre Congrès n'avait pas pour vocation de gagner de l'argent, simplement de ne pas en perdre », explique Bertrand Morisset, commissaire général. 

 

 

 

 

Trop cher. Le mot d'ordre était passé, et s'est répandu, partant des réseaux, pour aboutir « à une campagne de boycott et de bashing. On nous a même accusés de prendre l'argent dans la poche des bibliothécaires. Vu le discours ambiant, même si nous avions proposé ces formations à moitié prix, ils l'auraient trouvée trop coûteuse. »  

 

Reed Exhibitions, en regard des autres formations proposées – que ce soit l'IFLA, l'ABF, le Salon de Montreuil ou celui de la BD d'Angoulême – estime pourtant que « les tarifs étaient en adéquation avec le marché. Surtout ceux proposés par des salons subventionnés ». Évidemment, il n'a échappé à personne que les collectivités territoriales disposent d'un budget de formation, pour les bibliothécaires, par exemple. « Il ne nous a pas échappé non plus que l'on assistait à des restrictions budgétaires, et qu'il y avait moins de formations, mais, faire de nous le Grand Satan, c'est un peu excessif. »

 

L'organisation met en avant ce que l'organisation d'un Congrès sur quatre jours, « avec une belle programmation tout de même », peut avoir de dispendieux : « Nous rémunérons les participants, une coordinatrice, la programmation : il s'agissait avant tout de rentrer dans nos frais, en offrant des moments de rencontre, qui ouvraient sur une ambition forte. BibliDoc, c'est... c'était l'occasion réunir des petits éditeurs qui présentaient leur fonds, des échanges avec le Brésil autour des usages de chacun... »

 

D'ailleurs, si le Salon espérait 300 inscrits, avec 200 l'opération restait réalisable. « Nous n'avons forcé personne ni contraint les pouvoirs publics à vider leurs caisses. Mais en regardant le nombre d'inscriptions, nous ne pouvons que nous poser des questions sur ce qui a motivé – ou démotivé plutôt – à y prendre part. » À ce titre, on raconte même qu'une grande bibliothèque parisienne a interdit à ses cadres d'intervenir. Douloureux...

 

« Si quatre jours, dans une salle spécialement construite pour l'occasion, pour 390 € c'est trop cher, où se trouve le curseur ? On nous demande de réinventer chaque année, et nous nous exécutons de bon gré, c'est notre travail. Simplement, il faut accepter que cela ait un coût. Une plateforme professionnelle de cette envergure, autour de l'avenir des bibliothèques, ça ne peut pas être gratuit. »

 

Certains évoquaient une possible gronde des bibliothèques universitaires, pas vraiment à la fête avec Reed Elsevier, dont Reed Exhibitions est une filiale. « C'est un amalgame assez regrettable. Et les bibliothèques universitaires, pour essentielles qu'elles soient, ne représentent pas l'ensemble du spectre des bibliothèques. » Le ministère de la Recherche sera d'ailleurs présent, sur le Square Savoirs et Connaissance, alors que Reed Elsevier est absent du Salon. 

 

« Nous avions lancé BibliDoc en 2012, avec un tout autre modèle : 80 places, avec une entrée gratuite. L'opération devait être monétisée par la présence d'acteurs commerciaux. Mais aucun stand n'avait été vendu, alors que l'opération fut un succès. Nous avons tenté cette nouvelle solution pour 2015, avec une plus grande ambition. »

 

Pas certain qu'un reboot soit prévu pour 2017…